bébé sur le pot
Périnatalité,  Soin,  Vie simple et nature

L’hygiène naturelle infantile en pratique

Ce premier article explique le concept de l’hygiène naturelle infantile et les raisons de s’y mettre ! Celui-ci a pour but de te montrer comment t’y prendre, comment démarrer et pérenniser ta pratique.

Les familles autour de nous ont habituellement eu des mères qui croyaient qu’elles devaient éviter au maximum d’être personnellement et intimement disponibles pour leurs jeunes enfants. Sans modèle de notre passé que nous puissions suivre, nous avons la double tâche de répondre aux besoins de nos enfants et aux nôtres, mais aussi de trouver comment le faire.

Citation de Bumgartner; issue du livre Sans couches, c’est la liberté ! d’Ingrid Bauer

Quand commencer la pratique de l’hygiène naturelle infantile ?

Au bon moment pour toi et à ton rythme

Quand tu es prête, et quand le couple est prêt !

Je t’invite à te poser la question de ce qui te semble acceptable de commencer à faire, quelles sont tes limites, tes zones de confort, d’inconfort, là où tu penses avoir besoin d’aide, d’informations complémentaires… Tu peux trouver d’autres parents qui l’ont pratiqué pour t’aider dans tes questionnements d’ordre pratique.

Bébé

Dès la naissance ! Dans les bouquins, on peut lire qu’il est mieux de commencer tôt, afin que le bébé reste au contact de son besoin d’élimination. En général, cela marche mieux en démarrant avant ses 6 mois, mais certains y sont parvenus en commençant entre 6 mois et 1 an.
Pour ma part, j’avais attendu à peu près 3 semaines/1 mois pour mon aîné, et 2 semaines pour mon 2e.

Le jour

En commençant petit à petit, on peut choisir des moments spécifiques où l’on tient le bébé dans une position spécifique en ajoutant un petit bruit qui évoque l’élimination :

– tous les pipis du réveil
– les 2 ou 3 heures qui suivent le réveil du matin
– pendant les tétées, ou après
– des moments précis où le bébé est laissé fesses nues
– dehors quand il fait chaud
– à la maison uniquement
– tous les moments où mère et bébé sont détendus
– lorsque plus d’un adulte est présent à la maison
– lorsque les aînés sont occupés ailleurs

On peut poser le bébé par terre sur un lange, lui-même posé sur une peau de mouton (vraie ou synthétique) ou l’avoir en porte-bébé ou en écharpe.

La nuit

Comme dit dans le livre Sans couches c’est la liberté, les femmes occidentales ont tendance à démarrer la pratique de l’hygiène naturelle infantile la journée. C’est exactement mon expérience, avec l’idée de préserver mon sommeil.

Dans les sociétés traditionnelles, elles font l’inverse, pour garder le lit sec. Il se trouve que la nuit, on sécrète l’hormone ADH (antidiurétique) aussi appelée vasopressine, qui inhibe la production d’urine.

C’est donc à toi de voir ! La nuit, le bébé peut être tenu au dessus d’un récipient au sol sans avoir à quitter le lit. Cela suppose que l’on soit en cododo, soit le bébé se trouve dans le lit familial, soit il est installé dans un petit lit juste à côté du lit familial.
Nous avons opté pour cette dernière option avec un lit à barreau classique auquel on a retiré une face.

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Comment et quand proposer au bébé d’éliminer ?

On peut suggérer à l’enfant d’éliminer en le tenant en position physiologique au dessus d’un réceptacle (pot, bassine, toilettes, dehors, lavabo) en lui disant qu’il peut faire pipi/caca, en faisant les sons « psss » et « mmmm », en tapotant le haut du pubis, en claquant la langue, en chantant une chanson, en sifflant…
Certains parents utilisent la langue des signes, pour que le bébé puisse communiquer ce besoin bien avant la parole. L’important est de choisir le même pour que le bébé le reconnaisse.

Pendant la tétée

Quand mon fils aîné tétait, nourrisson, il éliminait en même temps ou aussitôt après. Je le laissais donc « cul-nu » et je tenais sous lui, un lange ou un pot vide (en l’occurrence mon contenant était un ancien pot de miel en plastique, n’importe lequel de vos pots fera l’affaire). C’est une bonne manière d’observer son rythme.

Pendant le change

Si je leur mettais des couches, je leur proposais d’éliminer à chaque change en les mettant en position accroupie contre mon thorax au dessus du lavabo, un peu plus grand au dessus des toilettes, ou dehors dans le jardin.

Quand tu perçois des signes physiques

Chez mes garçons, je le voyais lorsque leur pénis se levait légèrement, s’ils étaient tout nus et que je les voyais à ce moment-là. Les signes peuvent être aussi quand ils touchent leurs parties génitales.
Sinon, cela peut être par des tortillements, des mimiques ou des sons particuliers que ton bébé fait. En le portant en porte-bébé, il est plus facile de repérer car il peut se mettre à se tortiller légèrement. C’est comme cela que font les femmes Inuits, comme rapporté dans le livre d’Ingrid Bauer.

En fonction du rythme du bébé

Si tu as identifié un certain rythme chez ton bébé (élimination des selles plutôt le matin, après avoir mangé etc.) tu peux lui proposer à ce moment-là.

Quand ton intuition te prévient

J’ai consacré un article entier à l’intuition ! C’est un de mes points forts. Tu y trouveras des pépites pour t’y connecter davantage. Personnellement, avec mes bébés et la pratique de l’hygiène naturelle infantile, mon intuition se manifestait par la pensée « ah, il a peut-être envie de faire pipi », il suffisait que je ne m’écoute pas, en me disant « mais non, il a fait y’a 15 minutes, j’attends un peu … » pour constater que j’avais eu tort d’attendre.

Pour être à l’écoute de son intuition, il est bon d’être dans l’instant présent, de ne pas réfléchir intensément à un autre sujet au même moment, d’être dans le vague en quelque sorte. Cela suppose aussi d’avoir un certain entraînement à s’écouter par ailleurs, dans ses perceptions, ses ressentis et ses besoins.

Les difficultés qui peuvent survenir

La pression et le contrôle

Je rappelle que la pratique de l’hygiène naturelle infantile n’est pas une course à la performance, autant pour les parents que le bébé.

Les parents, surtout avec les injonctions de tous côtés, peuvent s’imposer d’être parfaits, plus ou moins consciemment. C’est cela que j’appelle la pression et le contrôle qui en découle.

Si on est tendu avec cette pratique, on aura tendance à ne penser qu’à ça, à vouloir rattraper tous les pipis et les cacas. Le risque est que cela en devienne quelque chose de désagréable, qui prend du temps et de l’énergie ; de s’en vouloir, de s’énerver contre le bébé…

Donc, le mieux est de « lâcher prise », et si vraiment on ne se le sent pas à l’instant T, on lui met une couche, et on se relaxe ! On a cette possibilité de les avoir à disposition, donc autant y aller progressivement.

L’inconfort des déjections

Il peut y avoir une aversion individuelle, et elle existe aussi collectivement, face aux fonctions digestives du corps. L’invitation est de s’y réhabituer en se reconnectant à notre nature ! Et en plus, face à la merde (dans tous les sens du terme), on redevient plus humble ! Après, personnellement, cela m’a toujours semblé moins dégoûtant de lui faire faire ses selles en le portant, plutôt que de nettoyer sa couche avec son derrière tout plein de caca !

Moments où l’enfant refuse

Il arrive qu’un bébé ou un petit enfant refuse soudainement d’éliminer ses besoins. Comme dans toute étape d’évolution de l’enfant, il y a parfois un pas en arrière.

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Il est important de garder une attitude constante et de répondre aux besoins actuels de l’enfant.

Peuvent être en cause un stress, la maladie, des changements dans la vie quotidienne, des attentes trop fortes des parents, quand l’enfant est moins dans les bras (à partir du « 4 pattes ») et qu’il a besoin d’intégrer cette nouvelle étape, s’il est interrompu dans son jeu (on peut alors prendre le jeu avec nous).

Il suffit parfois d’essayer quelque chose de nouveau : lieu, position.

Se sentir dépassé.e

Il est toujours important d’accueillir pleinement ce que l’on vit, d’exprimer nos émotions. On pourrait se dire que c’est la pratique de l’hygiène naturelle infantile qui est le problème. On peut essayer de trouver du repos dans notre fatigue, comme le dit l’auteure du livre Vivre sans couches c’est la liberté, et également du soutien.

Et je t’invite également à parler à ton bébé, à lui dire qu’en ce moment, tu ne te sens pas disponible pour pratiquer l’HNI, que c’est difficile… On communique !

Si ce bébé a des frères et sœurs, tu peux également confier cette mission à l’un.e d’eux qui aimerait « jouer à la maman ». Ils peuvent vraiment être d’un soutien précieux !

Matériel à privilégier

mon fils ainé avec 2 pantalons chinois posés sur une alaise et le pot anatomique

Je t’invite à farfouiller l’excellent site internet spécialisé dans le matériel pour la pratique de l’hygiène naturelle infantile Ecopitchoun. On y trouve des vêtements adaptés pour la pratique de l’hygiène naturelle infantile, mais aussi des pots anatomiques, des urinoirs rigolos, du matériel de portage, et d’autres accessoires.

A éviter

L’ensemble de la garde robe du bébé va être modifiée.

Si l’on tient à expérimenter quelque chose d’agréable sans trop se rajouter de travail, moins on aura à le déshabiller et le rhabiller, mieux ce sera. Les bodies et les pyjamas ne sont donc pas des plus adaptés.

Personnellement, je leur laissais les bodies, tout en les laissant cul-nus, afin qu’il leur couvre un minimum les parties génitales.

Pour la nuit, les gigoteuses ne sont pas adaptés non plus.

A privilégier

En haut

Mieux vaut privilégier des hauts type T-shirts ou à manches longues, types sous-pull, pulls.

En bas

En bas, s’il n’a pas de protection, on peut lui mettre des jambières, ou des pantalons « chinois », qui sont fendus à l’entre-jambe et permettent de rapidement proposer au bébé d’éliminer sans le déshabiller. Pour les jambières, on peut aussi prendre des chaussettes d’enfants de taille plus grande (30-31) que l’on découpe (ou pas). On peut également utiliser des leggings, des jupes/robes sans rien en dessous, des T-shirts un peu longs.
Si on choisit qu’il ait une protection, on peut lui mettre un lange tenu par une ceinture spéciale HNI (ou un lien type bandeau à cheveux), une culotte ou un slip, une culotte de propreté (plus fin qu’une couche).
C’est mieux s’il n’a pas trop de couches de vêtements à enlever, pour faciliter l’élimination.

On peut évidemment lui ajouter des chaussons aux pieds !

mon fils ainé sans couche, avec des jambières

Pour la nuit

Pour la nuit, je suis encore inexpérimentée, mais en recherchant, il existe des sortes de jupes imperméables et confortables que l’on trouve sur Ecopitchoun. Elles permettent de couvrir les jambes du bébé et qu’il n’ait donc pas froid la nuit tout en lui proposant d’éliminer facilement.

Pour la protection du lit, on peut trouver du tissu absorbant (alaises, vieilles serviettes toutes douces, alaise plastifiée ou tissu imperméable, vieilles couvertures en laine feutrée, en laine polaire en polyester) à mettre sur un matelas à langer en coton molletonné avec un revers étanche ou sur une peau de mouton lavable.

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On ne change ainsi que le tissu absorbant la nuit.

Pour les garçons, on peut ajouter une légère couverture en coton pour éviter de mouiller les draps du dessus.

On peut aussi choisir de mettre des couches lavables sans culotte de protection ou les utiliser seulement pendant les moments où il mouille sa couche.

Et on peut aussi combiner tout cela.

Le portage

L’hygiène naturelle infantile fait partie du maternage proximal. Souvent, peuvent être associées d’autres pratiques allant dans le même sens, comme le portage, l’allaitement, le cododo… En ce qui concerne le portage, lorsque l’on pratique l’hygiène naturelle infantile, j’ai découvert sur Ecopitchoun le « tonga », un léger filet pour porter l’enfant, qui peut être mouillé, sécher rapidement, on peut aller dans l’eau avec… Cela me semble l’idéal (je vais l’essayer à la prochaine) ! Alors que l’écharpe met plus de temps à être nouée, et le porte bébé n’a pas vocation à être sans arrêt mouillé.

2 anecdotes et quelques mots en vrac sur mon expérience

Pour terminer, voici 2 anecdotes personnelles de situations sociales. Je suis à la fois détendue dans cette pratique et en même temps, vu qu’elle n’est pas répandue, j’ai parfois été mal à l’aise devant les autres.

J’étais allée manger chez un glacier, sur la terrasse dehors. Je me trouvais avec ma sœur, et mon fils, alors âgé de moins d’1 an. J’ai senti qu’il avait envie de faire pipi, alors je lui ai proposé de faire sur les cailloux à côté de nous. Sauf qu’il a aussi fait la grosse commission. J’aurais pu me déplacer aux toilettes en amont, mais elles étaient un peu éloignées. J’ai du recouvrir le tout avec des cailloux, histoire de ne pas embaumer les clients autour ! Cela nous a valu une bonne tranche de rigolade quand-même !

Lors d’une visite post-naissance chez la sage-femme avec mon 2e fils alors âgé d’environ 2 mois, je lui ai proposé d’uriner dans son lavabo, sauf qu’il a aussi déféqué. Je n’ai jamais su si cela l’avait vraiment embêtée ou gênée, mais elle semblait quand-même surprise. Il a fallu nettoyer un peu plus que si cela avait été de l’urine.

C’est le cas de figure qui m’a montré mes limites dans certaines situations, avec l’envie d’être parfois plus prévenante.

J’ai utilisé les couches lavables en parallèle de la pratique de l’hygiène naturelle infantile. Comme ces couches retiennent moins l’humidité que les couches jetables, cela m’a toujours paru évident de coupler avec l’HNI.

En ce qui concerne mon expérience, j’en ai parlé brièvement tout au long des 2 articles.

Ce que je souhaite ajouter, c’est que j’ai le souvenir que mes 2 garçons m’ont tous les 2 indiqué clairement (en me montrant la couche) qu’ils voulaient aller à la selle, vers leurs 15 mois. Dès lors, ils n’ont plus fait aucun caca dans leur couche, à quelques exceptions près, ce que je nommerais « les petits accidents ». Mais même avant, ça restait assez rare.

C’est un vrai confort personnel que de ne pas avoir à laver de la crotte collée dans la couche ou d’avoir une salle de bain qui pue ! La pratique de l’hygiène naturelle infantile me demande de me lever de table pour l’emmener aux toilettes quand c’est le moment pour lui, mais je préfère ça !

J’ai même suggéré à l’assistante maternelle de mon 2e garçon de parfois lui proposer d’éliminer, ce qu’elle a eu fait quelques fois. Et je précise que c’était avant l’âge classique où on commence à les mettre sur le pot.

J’espère que cet article t’aura permis d’avoir des éléments concrets pour imaginer cette pratique à ta portée ! N’hésites pas à partager ton expérience dans les commentaires.

Sources :
– livre Sans couches c’est la liberté ! Ingrid Bauer
– blog www.heureux-sans-couches.com et ebook de Natacha Fourrageat
– mon expérience 🙂

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Un commentaire

  • Etienne Gigand

    Salut Bastienne,

    Merci pour ce bel article !

    Coïncidence ou pas, il y a quelques jours, alors que je tenais notre nourrisson nu au-dessus du lavabo, ma compagne (qui est doula et bien renseignée en matière de bébés) m’a dit : « tiens, ce que tu fais là c’est une pratique d’hygiène naturelle infantile ». Ah bon ? Avant ça, je ne connaissais pas du tout, et je n’imaginais pas que ça puisse exister.

    Et voici que je tombe sur cet article, que j’ai eu envie de lire en détail. Ca nous donnera peut-être l’envie d’essayer…

    MERCI 🙂

    Etienne

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