Communication,  Périnatalité & petite enfance

Fais pas ci, fais pas ça !

Une petite mise en bouche en musique pour commencer cet article ! 

Je reprends du service en écriture avec ce petit coup de gueule car en ce moment, une expérience professionnelle en crèche me donne de l’inspiration !

Avez-vous déjà réalisé le nombre d’ordres qu’un petit enfant reçoit en une seule journée ?

Déjà au bout de 5 min, j’ai les oreilles qui chauffent et le coeur lourd, alors toute une journée, et toute l’enfance, il n’y a rien de mieux pour brider et museler l’individualité ! 

Si je n’avais pas d’enfant, je n’aurai jamais voulu en avoir en voyant le modèle des adultes les entourant. D’ailleurs, c’est entre autres pour cela que je m’y suis mise tardivement.

Où est le plaisir ? Où est la joie ? Où est la liberté ?

L’environnement crée cela, mais ce serait trop facile de mettre la faute là-dessus.

Quand je travaillais en collège, j’entendais régulièrement qu’il n’y avait pas de « moyens » ! Mais payer quelqu’un en plus qui a les mêmes comportements que tout le monde, ne changera pas la donne ! 

Ce qui me paraît être en cause, c’est surtout l’état d’esprit et les comportements automatiques.

Voici 5 comportements qui me sautent aux yeux et les solutions différentes que je propose : 

1/ La méconnaissance des étapes de développement de l’enfant

Je t’invite à consulter mon article sur la période du «  terrible two » qui est très éclairant sur cette période et qui donne plein de pistes !

Mais clairement, en résumé, il faut se rappeler qu’entre 18 mois et 2 ans, l’enfant construit son identité et se différencie de ses parents, c’est pour cela qu’il dit NON à tout.

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Ensuite, il vit des frustrations intenses, son intensité émotionnelle est normale dans son développement; il y a juste à la connaître et l’accepter, sans vouloir la réprimer ni la critiquer. 

2/ Les rôles inversés

La maman arrive à 18h30 pour chercher sa fille à la crèche et lui demande de lui faire un bisou! « fais un bisou à maman ». La petite fille ne le fait pas et se prend une réflexion du style « ingrate ».

Alors, dans ma conception des choses, c’est au parent de donner de l’affection à l’enfant, de lui montrer l’exemple en le prenant dans les bras et en montrant une vraie envie de connexion à son enfant. L’amour ne se quémande pas, il se vit. Et l’enfant le montre naturellement à son tour.

3/ Des ordres vagues

« on ne court pas », « on ne crie pas »
« range avec moi! »

Qui aime recevoir des ordres ? Personne et surtout pas comme ça.
Je ne dis pas qu’il ne doit jamais y en avoir, à moins d’être dans l’hyper-contrôle de nos paroles, ce qui n’est pas bon pour nous. 

A la place, quand on le peut, voici mes suggestions : 

  • Donner moins d’ordres, en donner pour des choses vraiment essentielles, lâcher du lest. Laisser l’enfant expérimenter, l’observer, le surveiller, voir son évolution (ses compétences en motricité s’améliorent-elle?). La sécurité à tout prix empiète sur la liberté. Le curseur pourrait être un peu plus équilibré. Ce n’est pas parce que l’enfant court qu’il va tomber. Mais on peut avoir peur qu’il tombe. Dans ce cas, on sécurise l’environnement et on se sécurise intérieurement aussi! Et si l’enfant tombe, on peut juste accueillir et lui faire remarquer que là, il a couru sans faire attention, sans regarder, comme une fâcheuse conséquence. C’est en tombant qu’on apprend à se relever. Mais si on l’empêche de tomber, il ne saura pas se relever ! 
  • Le mot « ranger » est trop vague, il est clair dans notre tête d’adulte, mais en réalité, avec un tout petit, il faut donner de la clarté et de la précision pour qu’il comprenne et pour lui déclencher l’envie : « Léa, peux-tu m’aider à remettre ces jouets-là dans cette boîte ? »  «  On trouve ensemble la caisse pour y mettre la dînette ? ».
  • Parler de soi, remettre du sens et une intention derrière nos attentes et nos exigences. Par exemple : « J’ai envie que tu fasses attention à bien regarder où tu marches, car la dernière fois tu es tombé, et je veux éviter que ça se reproduise, ok ?! » ; « les filles, ce soir, je compte sur vous, je vous demande de parler à voix basse / de chuchoter pour préserver mon mal de tête. »
  • Tourner les ordres en positif « chuchote » (en chuchotant nous-mêmes, c’est plus crédible) au lieu de « ne crie pas ». Le cerveau ne retient que le mot, et non la forme négative. Si je dis « ne pensez pas au prochain gâteau que je vais vous préparer pour le goûter », vous allez y penser ! 
  • Amener le jeu dans les routines, comme le rangement. Exemple : La règle à la crèche est de ne pas courir ni crier, sauf pendant 10 min avec telle employée, quand vous êtes moins de 5 avant le retour des parents. On met le chrono, c’est parti, défoulez-vous !! Et tout le monde se lâche, même les adultes, sur fond de musique dynamique !
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4/ Le chantage et le mensonge

« Si tu ne ranges pas, pas de livre après! »
« Si tu n’arrêtes pas de crier, je ne te donne pas le trotteur. »

L’adulte se fatigue à répéter ces phrases qui ne marchent pas car en fait, l’enfant continue à crier, surtout s’il a une tendance à la rébellion face à l’abus d’autorité.

« on va à la maison, tu viens ? Maman part sans toi ? »
« bon allez, dépêche toi, sinon je pars sans toi et tu dors à la crèche »

C’est du chantage et en plus c’est faux ! Le parent veut juste faire venir son enfant, le problème est que c’est fait sur la base d’une peur. Et quel est le sens de dire quelque chose que le parent sait pertinemment qu’il ne fera pas ?

Si l’enfant veut rester un peu plus jouer le soir, le parent peut aussi se dire qu’il y a passé la journée, qu’il a besoin d’un petit sas de transition ou qu’il veut lui montrer ce avec quoi il a joué (et non qu’il fait un caprice pour jouer encore).

Cela rejoint le paragraphe suivant qui est de se mettre un peu plus à la place de l’enfant.

5/ Le manque d’empathie

« Aller, c’est bon, arrête de pleurer, ce sont de fausses larmes là ». Non, il n’y a jamais de fausses larmes. Tout simplement parce que l’enfant ne peut pas faire semblant.

Sans se mettre à la CNV (communication non violente) qui demande un investissement que tous les parents ni les professionnels ne sont pas prêts à faire, il y a un minimum d’écoute que l’on peut développer.

  • Accueillir par un petit temps de silence ce que l’enfant est en train d’exprimer.
  • Le refléter par des mots simples, lui redire ce qu’on entend.

Rien que cela peut désamorcer un grand nombre de situations ! En plus, cela crée une connexion et un lien avec notre enfant qui est inestimable !

  • Avoir un état d’esprit et une posture physique où l’on se met à l’écoute, vraiment.
  • Guérir notre enfant intérieur, car c’est uniquement cette part blessée qui s’exprime en l’adulte quand il est si déconnecté de l’enfant en face de lui.

Alors, on s’y met vraiment ??

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