Education nouvelle,  Soin

Méthode Ecrilu : Ecrire pour savoir Lire

Ecrilu est une méthode qui part du principe que l’apprentissage de l’écriture doit précéder celui de la lecture.

Cet article est une ressource que j’ai mise dans la catégorie « éducation nouvelle », en l’occurrence ici, l’instruction et l’enseignement de la lecture et de l’écriture, qui favorisera sans doute l’une des 13 intelligences multiples que tu peux découvrir dans cet article. Et dans la catégorie « Soin » car des enfants souffrant de troubles « dys » pourraient voir leur vie changée grâce à la méthode Ecrilu.

Ce choix de sujet est lié au fait que nous faisons l’école à la maison pour notre fils (niveau CP). Voici d’ailleurs le blog Les Enfants Avenir qui regorge d’infos sur l’IEF (l’Instruction En Famille) et pour préparer le contrôle pédagogique.

Quand je me suis retrouvée à me demander comment j’allais pouvoir lui enseigner la lecture même sans aucun problème « dys » détecté, j’étais bien embêtée.

Alors, la vie m’a donné un coup de pouce pour rejoindre une formation Ecrilu, dispensée par Céline Sauvageot, venue de Dijon.

Je te donne ici de précieuses informations que nous a partagées Céline pendant sa formation. Elles correspondent aux 3 premiers modules qu’elle dispense ainsi qu’à sa participation à l’article, donc celui-ci est très riche et fourni.

Ce n’est pas l’enfant qui a un problème. Le problème est la manière dont la lecture est enseignée. L’enfant est toujours logique dans son raisonnement.

Céline Sauvageot.

Céline a été enseignante en collège et école élémentaire pendant plus de 20 ans. Elle s’est formée avec Jacques Delacour à la méthode Ecrilu, avec Maurice Laurent pour La Grammaire en Couleur et aux réflexes archaïques (intégration motrice primordiale). Elle a son propre cabinet de graphothérapeute « ELOdys » à Dijon (21). Voici sa page Facebook. Pour les personnes qui sentent la vocation à faire le même métier ou bien qui aspirent à approfondir le sujet, elle anime des formations (consulter le site internet dédié).

La spécificité de la langue française

La méthode traditionnelle de l’apprentissage de la lecture ne fonctionne pas pour 30 à 40% des enfants !!

L’italien, l’espagnol ou le latin sont des langues transparentes, ou bi-univoques (1 son = 1 lettre et 1 lettre = 1 son). Alors que le français est une langue opaque (1 lettre peut faire plusieurs sons ; exemple : a fait le son « a » mais aussi  « oi » dans aquarium, et 1 son peut être transcrit par plusieurs lettres ; exemple : « o » peut être transcrit par eau, au, o), d’où sa complexité.

En effet, la lettre A fait A 60% du temps. C’est à dire que pour les 40% restant, elle code pour un autre son : (main, mais, mauve, taon, speaker, football, rayer, équateur, ferai, août). Donc dire à un enfant que L et A, ça fait « LA » n’est pas toujours vrai (comme dans les mots lait, lanterne, lampe, linteau, Lætitia, laurier, Laure) et il peut ainsi le prendre comme si on lui disait un mensonge. C’est ce que constatait Céline chez certains enfants.

De plus, il faudrait que l’enfant sache comment découper les syllabes du mot avant de savoir le lire. Par exemple, on dit aux enfants que les lettres / AN / font le son « an » alors comment lire le mot « banane » et « fenêtre »? bAN/ANe ou fENêtre ?

Cette problématique devant laquelle se retrouve l’enfant décodeur est due aux bigrammes et trigrammes : ce sont les sons qui sont composés de deux et trois lettres comme AN, EN, OU, ON, OI, EU, IN, AU, AI, OIN, EIN, AIN, EIN…

Et l’anglais c’est pire ! (Merci Céline, je comprends enfin pourquoi j’ai toujours eu de la difficulté à lire et prononcer cette langue !!).

Si on essaye de faire lire, c’est insoluble !

L’orthographe française est un vrai casse-tête, même s’il reste encore aujourd’hui un marqueur de distinction sociale.

« L’orthographe servira à distinguer les gens de lettres, des ignorants et des simples femmes ».

1694 cahiers préparatoires du Premier Dictionnaire de l’Académie Française.

Je t’invite à regarder ce TedX « La faute à l’orthographe » pour dédramatiser tes problèmes d’orthographe. Et moi pour être moins attentive aux erreurs des autres 😉

La lecture, comment ça marche ?

Parler, ça se fait tout seul. En revanche, lire n’est pas naturel. Ce n’est pas en mettant un enfant devant des livres qu’il va se mettre à lire, car ce n’est pas instinctif. Même si certains y arrivent en passant par ce biais…

3 facteurs déterminent la réussite vers la lecture :

  • la connaissance des phonèmes (les sons du langage)
  • la taille du vocabulaire oral
  • la présence de livres dans l’environnement de l’enfant.

Lire, c’est accéder à un système de langage par la vision, par le biais de l’écriture.

L’écriture est un code. Un code est un lien arbitraire entre une forme et sa signification. La lecture, c’est décoder ce code.

Ainsi, cette question mérite d’être posée :

Comment décoder (lire) quelque chose dont on ne connaît pas encore le code (ou que l’on n’a pas d’abord encodé (écrit)) ?

Car en réalité, dans l’histoire des Êtres Humains, l’écriture a précédé la lecture. En effet, comment pouvait-on lire quelque chose qui n’avait pas d’abord été écrit ?

Différentes méthodes de lecture

Quelques bases à connaître

Le phonème est un son élémentaire de la langue parlée. Le graphème est une lettre ou une combinaison de lettres représentant par convention un phonème.

En français, un phonème est souvent représenté par plusieurs graphèmes, et certains graphèmes peuvent représenter plusieurs phonèmes.

Par exemple, le /e/ qui fait le son « a » dans  le mot femme et le son « è » dans le mot personne, le /a/ qui fait le son « é » dans pays.

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Il y a en français 37 phonèmes différents. Le nombre de graphèmes varie selon les auteurs, jusqu’à 130 et plus !

Il ne faut pas confondre le phonème avec une syllabe parlée, le graphème avec une syllabe écrite. La syllabe, unité de prononciation (d’articulation) est souvent composée de plusieurs phonèmes ou graphèmes.

Par exemple, le mot « entier » compte 2 syllabes ; la syllabe « tier » comporte 4 phonèmes, les sons « t » « i » « ill » et « é » ; elle comporte 3 graphèmes  t  i et er.

Méthode Syllabique (en triangle)

Lorsque l’enfant apprend à lire, il passe par le circuit jaune dans le schéma :

  1. Le cortex visuel reconnaît des chaînes de lettres (graphèmes)
  2. Connexion à la région du cerveau qui traite les sons du langage (phonèmes)

Donc, il « déchiffre », il analyse le mot, il convertit les lettres en sons, puis il écoute et comprend (ou pas) le mot qu’il vient de prononcer.

Plus tard, quand la lecture est automatique, elle emprunte une voie non consciente (la voie verte).

Dans la méthode syllabique (utilisée actuellement), on fait reconnaître à l’enfant les lettres, puis les syllabes, les mots, les phrases et enfin les textes.

Reconnaissance : graphèmes (forme des lettres) -> phonèmes (son) -> sens.

Et c’est là que vient la difficulté due à l’opacité de la langue.

C’est cette voie que nous empruntons tous lorsque nous lisons un mot pour la première fois, par exemple un médicament (RHINOFLUIMUCIL). On le décompose, on essaye de déchiffrer les phonèmes pour sonoriser des syllabes et on tente de sonoriser le mot. Un enfant qui apprend à lire de cette manière y met toute sa concentration mais n’est plus disponible pour comprendre le sens du texte. Ce qui entraîne une perte de motivation.

La méthode globale qui utilise la voie orthographique (ou directe)

Dans cette manière d’apprendre, on passe des graphèmes au sens.

Il est actuellement enseigné en faisant photographier les mots par cœur. Lors de l’inspection, ils ont signalé que notre fils devait apprendre les « mots outils », c’est à dire tous les mots que l’on retrouve couramment (devant, après, pendant, avec, car etc).

Mais apprendre « par cœur »  fait louper l’étape du code alphabétique. Les enfants ne peuvent faire appel qu’à leur mémoire, qui finit bien souvent par saturer.

Ce qu’on appelle la méthode mixte, c’est l’utilisation des 2 voies décrites précédemment.

Si tu veux en savoir plus sur l’historique du débat entre méthode syllabique et globale, tu peux télécharger ce document.

Et les Alphas ? Les lettres mobiles ?

Les Alphas

Les Alphas sont des petits personnages en forme de lettres. Tout un univers a été créé grâce à une histoire, pour permettre d’entrer dans l’alphabet de manière agréable. Il a été conçu pour faciliter l’entrée dans la lecture en faisant passer des graphèmes aux phonèmes.

Nous avons utilisé les Alphas pour notre fils et c’est quelque chose qui lui a plu. Néanmoins, après avoir acheté le coffret, je n’ai pas réellement su comment l’utiliser pour former des mots plus complexes ou des mots simples comme par exemple RAT. En effet, comment expliquer que le T ne se prononce pas ? Il existe le livre du maître pour compléter la méthode, que je n’avais pas acheté.

Céline Sauvageot dit que les alphas ne sont qu’une version « ludique » de la bonne vieille méthode syllabique. C’est de la « méthode Boscher » enrobée qui met en échec les enfants.

De plus, l’anthropomorphisation des lettres en petits personnages peut avoir des effets néfastes pour certains enfants qui ensuite ne font pas le lien entre le personnage, le mot qu’il représente et la lettre. Céline témoigne qu’elle a déjà entendu des enfants lire « robinet-ate » pour le mot « rat » car la lettre « r » est représentée par un robinet. Ne valait-il mieux pas leur présenter directement la lettre « r » au lieu de ce petit dessin en forme de robinet ?
Enfin, le côté ludique des dessins et des histoires peut également détourner l’attention de certains enfants.

Les lettres mobiles

Les lettres mobiles utilisées par Céline Alvarez ont cet avantage de montrer les différents phonèmes en bigramme (exemple : ponEY, OUrs, CHeval …). Tu peux en découvrir plus sur son site dans le lien ci-dessus.

Mais le problème persiste en gardant l’exemple du mot « RAT ». Céline Alvarez ne fait écrire que des mots « réguliers » qui ne comprennent pas de consonnes en fin de mot. Et il n’existe pas de lettres mobiles pour les trigrammes. Ainsi, dans sa boîte, on ne trouve pas les mots « canard », « renard », « chat », « chien ». Elle n’a pas travaillé sur l’orthographe et n’a utilisé que des mots qui fonctionnaient avec son principe de sonorisation des lettres.

A partir du moment où l’on dit aux enfants que les lettres font des sons, on est dans le faux. Puisque, redisons-le, la lettre /u/ fait le son « U » dans seulement ¼ des mots (le reste du temps elle est dans des bigrammes pour faire ou, au, eau eu…).

Elle a quand même de bons résultats car les enfants ont écrit avec les lettres mobiles, ainsi, ils ont compris le principe du codage alphabétique. Mais elle n’a pas fait le lien explicite entre l’écriture et la lecture (du moins publiquement). Par manque de conscience ? à cause de la difficulté à sortir de la croyance que « pour apprendre à lire, il faut lire » ?

Au delà des outils linguistiques, Céline Alvarez met en avant d’autres aspects qui renforcent la réussite de ses élèves (classe multi-âge, prise en compte des neurosciences et du développement de l’enfant…).

Et la méthode Montessori ?

Maria Montessori (1870-1952)

La méthode Montessori est plus adaptée que la méthode traditionnelle car les enfants utilisent des lettres mobiles. Les enseignants font écrire (encoder) les enfants dès leur plus jeune âge, ce qui les aide à comprendre le fonctionnement alphabétique de notre langue. Maria Montessori avait compris ce principe de faire passer l’écriture avant la lecture. Ce texte à télécharger dans le lien illustre mon propos. Freinet avait aussi cet état d’esprit car ses classes produisaient beaucoup d’écrits.

Mais ce qui fonctionne en italien ne fonctionne pas en français.

Céline Sauvageot pense qu’il manque dans cette méthode, l’enseignement approfondi du geste graphique : bien tenir son crayon, connaitre le ductus (chemin) des lettres, savoir enchaîner les lettres (ex : un « i » après un « o » ne s’écrit pas comme un « i » après un « a ») et surtout le lien avec l’orthographe. En effet, un enfant n’écrit pas pareil s’il sait avant d’écrire comment il va écrire le mot ou s’il écrit les lettres les unes après les autres sans continuité ! L’orthographe va énormément jouer sur la fluidité de l’écriture.

Enfin, comme toute méthode alternative, celle-ci mériterait de s’ouvrir à ce qui fonctionne ailleurs.

La voie orthographique avec la méthode Ecrilu

La méthode Ecrilu de Jacques Delacour utilise la voie orthographique, ou voie directe, mais au lieu que l’enfant apprenne par cœur, il apprend à coder le décodage. En d’autres termes, la lecture arrive en conséquence de tout le travail de codage préalablement effectué.

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Pour lire, il reconnaît les graphèmes (en cherchant le code) -> sens.

L’écritoire, la base de la méthode Ecrilu

Concrètement, on se sert d’un écritoire composé de 35 colonnes, 15 colonnes en haut qui correspondent aux voyelles, et 20 colonnes en bas correspondant aux consonnes.

Les consonnes ne s’entendent pas. Pour sonner, une consonne a besoin de quelqu’un d’autre, elle co-sonne, sinon, on ne peut pas appeler la lettre. Par exemple, pour dire « B », on dit en réalité « bé » on ajoute un é après, pour dire « L », on dit « èl », on ajoute un è avant, pour dire « J », on ajoute un i après. Si tu veux approfondir, voici un document à télécharger qui aborde ce sujet des consonnes qui ne s’entendent pas.

Dans l’écritoire, on retrouve l’ensemble des graphies possibles pour un même son (morphèmes, graphèmes, grammaire). Ce qui fait qu’avec cet outil l’enfant peut coder (écrire) tous les mots du dictionnaire !

Cet écritoire est modifiable selon l’accent employé chez toi, si tu es suisse, belge, québécois, as un accent du sud ou de l’est de la France, cela va modifier le tableau, ou du moins comment tu pointeras les mots sur le tableau.

Je proposais avant de pouvoir le télécharger, mais ce n’est plus le cas par respect pour la propriété intellectuelle de ma formatrice.

L’idéal est de l’imprimer au format A3 et A2 voire A1 pour l’afficher.

Pour les enfants avant 6 ans, il est préférable de le faire soi-même en commençant par quelques graphies.

Utilisation de l’écritoire

Avec une baguette, l’apprenant va pointer le mot qu’on lui propose d’écrire. En le pointant, il le code, donc il l’écrit.

Codage du mot printemps

Ainsi, l’adulte propose un mot à l’enfant qu’il met dans une phrase. Au mieux, il lui dit de former une phrase avec ce mot-là. Cette étape permet de mettre du sens.

Au préalable, on lui aura dit les sons de chaque colonne. Ensuite, l’apprenant décompose le mot en sons (phonèmes) et trouve sur le tableau où ils se trouvent.

S’il s’agit d’un mot avec une graphie différente de celle la plus couramment utilisée (la lettre en gras tout en haut nommée « archigraphème »), on lui indique (car il ne peut pas deviner l’orthographe).

On commence avec des mots simples et on met l’accent sur l’orthographe dès le départ (on n’attend pas le niveau CE1). Par exemple, on va lui faire pointer le mot RAT et expliquer qu’on ajoute un T muet mais qu’il s’entend dans RATE et RATON. Le mot RIZ prend un Z car il est cultivé dans des RIZIERES.

On fait travailler les mots qui comportent les mêmes lettres pour que l’enfant capte le sens des lettres dans le mot. Pour qu’il capte le sens des lettres, on peut par exemple faire pointer : MA- AM- AMI, et : MARE, ARME, RAME.

On n’hésite pas à aborder les homonymes : conte, compte, Comte.

Dans la méthode Ecrilu, l’enseignant ne dira pas que A se lit « a » mais dira plutôt que « oi » se code a dans aquarium, que « in » s’écrit ain dans pain, que o s’écrit au ou eau ou haut selon les cas.

L’écritoire permet aussi de faire lire l’enfant, si c’est l’adulte qui pointe ! Il n’y a plus le problème de découpage du mot comme dans « banane » ou « fenêtre » !
Concrètement, l’adulte pointe un mot (non dit à l’avance), l’enfant le regarde et peut lire le mot qui vient d’être pointé. L’enfant n’a ainsi qu’à additionner les sons qui sont pointés. Cela évite ainsi de la surcharge cognitive aux enfants qui se demandent comment découper et lire par exemple les mots banane et fenêtre.

Par quoi commencer la méthode Ecrilu ?

1- Position corporelle

Elle doit être la plus ergonomique et économique possible.

– La bonne position du corps pour écrire : pieds au sol pour être en appui sur eux et pas sur le haut du corps.

– La bonne position du bras et de la feuille. Celle-ci doit être un peu penchée, et parallèle au bras. Le poignet doit glisser avec l’ensemble du bras.

– Tenu du crayon : le pouce doit faire bouger le crayon, la mine se trouve au dessus de la main, la main est sous ce que l’on écrit. C’est comme si la main avec le crayon faisait un bisou.

2- Tenir la ligne

Faire des boucles sur une feuille blanche pour s’entraîner à tenir sa ligne droite. C’est faire commencer avec plus de difficulté, mais l’enfant en est capable. Ce n’est pas la peine qu’il en fasse énormément, sinon, cela devient rébarbatif.

3- Geste d’écriture

L’écriture cursive (ou « en attaché ») est quelque chose que Céline nous a fait travailler en tant qu’adulte, et qu’elle prend soin de montrer aux enfants (auparavant dans sa classe, et maintenant dans son cabinet). Cela permet d’acquérir dès le départ les bons gestes, de gagner en temps et en lisibilité. Écrire, c’est pour être lu donc il y a un intérêt à bien écrire !

C’est un aspect qui peut être vu en formation. N’hésites pas à faire un tour sur son site pour voir ce que ça donne, les résultats sont impressionnants !

4- Outils pour démarrer la méthode Ecrilu avec un enfant de 4 ans

Créer un écritoire avec moins de graphies

Fabriquer des cubes en bois. Sur chaque face du cube sera représentée un son. Il peut y avoir les cubes représentant le son A – E – I – O – U – M – P – T – é – N- AN – L – R

Sur chaque cube, on note l’archigraphème en rouge (la lettre son la plus utilisée, en gras sur l’écritoire) et les autres graphies les plus courantes en noir. Pour A, ce pourrait être a – at – as – ats – à et â.

Céline conseille de fabriquer aussi un rail en bois pour que l’enfant enfile les cubes dans le sens de l’écriture.

Un logiciel à télécharger sur le site de Jacques Delacour.

Avec un enfant de 6 ans, on peut démarrer directement avec le grand tableau.

5- Télécharger l’écritoire

Te familiariser avec, l’utiliser pour toi-même, pour coder des mots. Certains sont plus difficiles que d’autres.

6- Faire écrire

Une fois qu’il a pointé les mots (toujours l’étape préalable), l’enfant écrit en lettres cursives (avec les lettres m, n, l, i, a, e par exemple). On peut lui dicter de petites phrases avec des mots déjà encodés auparavant.

L’écriture (notamment via la dictée) est le ciment essentiel à la lecture. Donc c’est en la travaillant que l’enfant apprendra petit à petit la lecture.

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5 avantages de la méthode Ecrilu

1-L’écritoire est un tableau fini !

C’est à dire que l’orthographe peut sembler infinie et nébuleuse pour bon nombre de personnes. Là, elle se trouve dans un cadre limité, donc rassurant.

2-Prévenir et enrayer la dyslexie

Apprendre à lire en apprenant d’abord à écrire prévient les problèmes de dyslexie, dyspraxie, dysorthographie, dysgraphie. Elle peut même les enrayer.

L’émission « C’est pas Sorcier » parle des troubles « dys ». 6 à 8% des enfants sont dyslexiques, et 5% sont dyspraxiques. Il y est expliqué que les personnes souffrant de troubles « dys » le seront toute leur vie. Les solutions mises en place sont là pour faciliter la vie des enfants et pour contourner le problème. C’est aussi ce que je constatais en travaillant comme Auxiliaire de Vie Scolaire (AVS). A mon grand regret, à aucun moment dans l’émission, il est dit que ce pourrait être la manière d’enseigner la lecture aux enfants qui pose problème. La cause est renvoyée à un « DYSfonctionnement » du cerveau.

Céline Sauvageot a ouvert son cabinet à Dijon (21- Côte d’Or) dans lequel elle reçoit des enfants souffrant de ces maux (même après des séances d’orthophonie, qui reprennent souvent les mêmes méthodes que celles employées à l’école) et des adultes illettrés. Ils ne sont plus diagnostiqués ainsi après quelques séances !! Donc on peut se demander si réellement, c’est un handicap à vie !

Enfin, les parents ayant des enfants souffrant de dyslexie ont intérêt à s’accorder sur le type d’autorité qu’ils donnent à leurs enfants afin que l’enfant ne reçoive pas d’ordres contraires. Si tu es toi-même dyslexique, tu peux revisiter ton enfance pour voir s’il existait cette dissonance ou bien si tu hérites de cette transmission familiale.
Cela s’appelle l’adaptation épigénétique: les traumatismes de notre lignée (et les nôtres) ont une incidence sur l’expression de nos gènes (autrement dit: comment notre ADN est lu et interprété). Les articles sur l’inceste (courte vidéo scientifique) et sur les allergies alimentaires expliquent ce qu’est l’épigénétique et la formation que j’ai suivie dans ce domaine.

3-Devenir un bon lecteur-orthographieur

Tes enfants peuvent devenir d’excellents lecteurs-orthographieurs. C’est à dire qu’au lieu de seulement savoir bien lire, comme ce qu’attend l’école, ton enfant saura également bien écrire (avec la bonne orthographe). C’est également l’occasion de t’améliorer si tu as quelques soucis avec l’orthographe.

Même si l’on est en droit de se poser la question de l’utilité de l’orthographe (au vu de ce qu’en disait l’Académie Française), il n’empêche qu’elle est prise en compte dans les recrutements et que des salariés reçoivent des formations en interne à ce sujet.

4-Écrire rend puissant

Les enfants deviennent producteurs de textes, cela leur apporte beaucoup de fierté et de satisfaction. Je peux te conseiller le film très émouvant Ecrire pour exister, qui retrace l’histoire vraie d’une professeure aux États-Unis donnant cours à des élèves confrontés aux gangs. Grâce à l’écriture et au sens, elle les a aidé à sortir de leur condition.

5-Méthode agréable pour l’IEF

Si tu fais l’école à la maison, tu auras enfin une méthode agréable et facile d’accès pour montrer les bases de l’écriture et de la lecture à tes enfants ! L’énergie mentale dépensée peut s’avérer moindre qu’avec la méthode traditionnelle, pour eux comme pour toi.

Notre expérience avec Ecrilu

  • J’ai 2 mois et demi de recul avec cette méthode utilisée en IEF. Il est un fait que grand chouchou de 6 ans (niveau CP) n’aime pas trop se mettre à travailler. Donc sa pratique est très irrégulière.
  • Je le reprends régulièrement pour la position de la main et la tenue du crayon.
  • Il a très vite intégré le fonctionnement du tableau. Le nombre impressionnant de graphies ne lui a pas fait peur.
  • Lorsqu’il veut écrire un mot qu’il ne connaît pas, il a le réflexe de découper sa prononciation (les phonèmes) pour trouver comment il s’écrit.
  • Il a rencontré une fois ou deux, les difficultés que Céline nous avait dites : le fait de louper les consonnes. Ceci est normal puisqu’elle ne s’entendent pas.
  • Son écriture est lente par manque de pratique mais ses lettres sont bien formées et il apprécie les tracer correctement.

Enseigner la grammaire de manière ludique et agréable

Céline Sauvageot, qui aime rassembler ce qui fonctionne, nous a également parlé de la Grammaire en Couleurs.

Quand elle nous a dit que ses élèves avaient applaudi avant le début du cours de grammaire, pendant son inspection (et que l’inspecteur lui a avoué n’avoir jamais vu ça avant), je dois dire que j’ai été scotchée !

Si on m’avait dit que la grammaire pouvait être une matière agréable, je l’aurais soufflé à mes professeurs de collège.

Voici le site spécialisé dans ce domaine avec des formations en présentiel et en ligne pour apprendre la grammaire et la transmettre à son tour. Voici un site plus général qui regroupe d’autres approches (comme l’enseignement des fractions par exemple).

La Grammaire en Couleurs© est un outil pédagogique innovant créé par Maurice Laurent. Il permet d’amener progressivement les élèves de 6 à 99 ans à découvrir et comprendre le fonctionnement de notre langue, de façon intuitive et inductive, grâce à un système complet de modèles graphiques (cartes mentales), composés de cases colorées correspondant aux catégories de mots, aux fonctions dans la phrase ou encore à l’expression du temps et la conjugaison.

Ces modèles structurés permettent de travailler de manière ludique et active. Ils répondent au besoin de chaque élève de vivre physiquement ses apprentissages car ils impliquent des déplacements dans l’espace, afin de placer, à l’aide d’un pointeur (comme dans la méthode Ecrilu), les mots d’une phrase dans des cases colorées selon leur nature, par exemple. C’est ainsi qu’on comprend ce qu’est un nom, un verbe, un adjectif, etc.

La Grammaire en Couleurs© favorise ainsi la structuration d’images mentales puissantes auxquelles chaque élève peut se référer pour devenir autonome dans sa pratique de l’orthographe grammaticale.

Un tableau existe aussi pour la conjugaison !

Ils vendent du matériel sur le site. Je n’ai pas encore creusé le sujet, mais je pense que dans un premier temps, il est possible de créer ses propres supports.

Ce que tu viens de lire correspond dans sa théorie aux 3 jours de formation dispensés par Céline.

Je t’invite à faire tourner l’article car il pourra en aider plus d’un.

Sources (en plus de celles déjà mentionnées en liens directs dans l’article) :
– https://www.devenirgraphotherapeute.fr/
– https://www.elodys.org/
https://apprendre-a-lire.pagesperso-orange.fr/
– https://www.pratiquespedagogiques.fr/phonemes-graphemes/
– https://www.tilekol.org/la-pedagogie-du-codage
– https://www.uneeducationpourdemain.org/

Si vous avez aimé l'article, que dites-vous de le partager ? ;)

5 commentaires

  • Isabelle Mante

    Wouah, il y en a des techniques différentes. Avec ça les parents doivent se sentir perdus. Heureusement, cet article fait le point, et nous permet de découvrir cette technique super innovante. On n’arrête pas de progresser en matière d’éducation, et c’est chouette. Est ce pratiqué en milieu scolaire, c’est la question. Bravo pour diffuser ce savoir.

    • Bastienne

      L’écrit a été employé par les écoles Freinet, ce qui est encore le cas dans les écoles Calendreta (essentiellement dans la partie sud-ouest de la France). J’imagine que certains enseignants le font, mais ce n’est pas généralisé dans les programmes. Ecrilu est encore peu connu.

  • Hélène

    Quel bel article très complet ! J’ai utilisé les Alphas avec mon grand qui est autiste et dyspraxique. C’est la seule méthode qui a capté son attention (oui, parce qu’il a aussi un fort TDAH !). La méthode Ecrilu me parait bien complexe pour lui, mais elle a le mérite de suivre le fonctionnement cérébral logique : apprendre à coder pour ensuite décoder !

  • Anna

    Je me suis beaucoup intéressée aux Alphas et autres lettres mobiles, mais je ne connaissais pas la méthode Ecrilu. Ca a l’air très ludique et facile à mettre en place

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