Vie simple et nature

Mon ancienne vie de maman en collectif

En 2014, j’ai découvert un collectif (ou « éco-hameau ») que mon compagnon et moi avons pris le temps de connaître et d’apprivoiser, jusqu’à faire le grand saut en 2015.
Notre fils y est né, nous y sommes restés un peu plus de 3 ans. Puis nous nous sommes embarqués dans une autre aventure collective, qui a duré 1 an.

Alors que je ne souhaitais plus particulièrement vivre en collectif, nous recréons à notre manière une forme inattendue de collectif.
Je fais un retour d’expérience en plusieurs points sur 2 articles.

Si tu as en tête ce nouveau mode de vie, cet article te donnera matière à réfléchir.

Il ne s’agit que de mon humble expérience qui n’est jamais qu’une expérience parmi d’autres… je crois qu’il faut expérimenter par soi-même pour valider ou non des hypothèses et des croyances. Tu peux te rendre sur le site de Passerelle Eco pour peut-être y trouver ton bonheur de vie en collectif 😉

Le contexte

Je venais de passer 2 ans et demi au contact du fonctionnement quotidien de l’Education Nationale et de l’impact négatif qu’il avait sur les enfants (pardon, « les élèves »).

Me retrouver avec un groupe d’individus partageant des valeurs similaires aux miennes m’enchantait. J’allais enfin pouvoir jouer avec d’autres au jeu de la bienveillance, de la communication respectueuse, de l’écologie pratique et réelle, des réunions utiles, productives et dans l’écoute de chaque personne…

Mon compagnon et moi étions à une période charnière de notre couple. Une expérience de vie intense nous a amené au bord de la rupture. Et nous sentions par ailleurs le désir d’enfant se pointer. Nous avons choisi de solidifier notre couple, de lui donner de nouvelles bases. Et puis un enfant a grandi en moi.

Ce qu’est un collectif

Il s’agit généralement de la mise en commun d’un bien immobilier avec du terrain. C’est un achat à plusieurs qui peut être fait de différentes manières au niveau juridique (création d’une SCI ou d’une association ou les 2, autre ou de manière informelle) qui a un montage financier bien spécifique, différent selon chaque collectif.
Les lieux collectifs ont la particularité de regrouper les personnes selon des centres d’intérêts communs (humain, pratique d’activités, construction etc) avec des espaces de vie privatifs et des espaces communs (buanderie, salle de jeux/danse, cuisine, salle de bain etc). Chaque collectif a ses propres règles, son ambiance, sa manière de « faire groupe » (avec des obligations de temps de travail dédié au collectif ou non par exemple).

Ils diffèrent des communautés dont le mode de vie ressemble plus à de la colocation, mais avec des valeurs communes et un engagement plus intense (par le travail, la spiritualité, la solidarité). Les compagnons d’Emmaüs sont de l’ordre de la communauté et pas du collectif.

La vie en collectif : OUI en 9 points !

1- Mode de vie résilient

A l’heure où l’on reçoit des messages nous indiquant de nous distancier les uns des autres, où le mode de vie est individualiste…et bien le contraire voit le jour de plus en plus fort. La vie en collectif ou en communauté a toujours existé mais il est clair qu’un engouement grandissant pour ce mode de vie est bel et bien là. L’être humain est un être social et il a compris que sa résilience tient au fait d’être ensemble pour faire face aux défis sociétaux actuels.
La vie en collectif semble répondre aux besoins de sens, de communauté, d’entraide, de joie, de relation et j’en passe.

De plus, après un exode rural massif ces 50 dernières années, il semble que les grandes métropoles ne sont plus autant nourrissantes pour bon nombre de personnes. Les villes apportent travail et loisirs mais elles coupent le lien à notre environnement naturel nourricier. Néanmoins, certaines initiatives naturelles et résilientes voient le jour en ville (voir le blog plusdautonomieenville). Regarde également l’initiative de Céline Basset qui consiste à recréer des « ceintures vertes » ou « corridors alimentaires » pour alimenter les citadins, régénérer les sols rapidement et mettre en place une agriculture pérenne.
Les collectifs d’habitats, souvent installés en campagne, permettent de retrouver le lien avec le vivant, en plus de faire des heureux reconvertis dans les métiers du secteur primaire (paysan boulanger, maraîcher, éleveur…).

2- Une solution face au problème du logement et au coût de l’immobilier

Se regrouper pour acheter un terrain et du bâti a du sens, d’autant plus avec les difficultés grandissantes d’accès au logement. On peut être malin et faire de bonnes affaires dans l’immobilier, et on peut également faire le choix de sortir du paradigme de la spéculation. Les collectifs jouent au jeu d’essayer un autre modèle du principe de propriété. En passant, même lorsqu’on achète un bien, la planète Terre ne nous appartiendra jamais…

Selon le montage financier du collectif, il faut généralement l’intégrer en mettant une somme d’argent (plus ou moins conséquente selon les endroits) pour l’intégrer, cependant, ce n’est pas toujours le cas. Et si l’on part du projet, on la récupère.

3- Se confronter aux autres, faire l’expérience du groupe

Ceci dit, pas besoin d’un collectif pour le faire !
Mais bon, le gros avantage c’est que nous avons l’occasion de jouer à un jeu avec lequel nous définissons nous-mêmes les règles.

Ça se frotte, ça se confronte, ça débat, ça réactionne et ça nous permet de nous définir, de savoir ce qui est bon pour nous, d’identifier nos limites et de les exprimer.
Cela a aussi été l’occasion pour moi de doucement me ressentir en confiance et à l’aise dans un groupe après diverses expériences douloureuses.

brainstorming

Vivre en collectif est une expérience de développement personnel à part entière !

4- S’ouvrir aux autres, vivre intensément

Quand on vit en collectif, on rayonne et on attire du monde. Que ce soit par les formats de journées d’accueil/portes ouvertes, stages en tous genres, formations, marchés, fêtes, chantiers participatifs, amis et connaissances de passage… C’est un grand fourmillement qui est sacrément vivifiant et comble la soif de curiosité, de découvertes, de rencontres et d’apprentissages ! Pour sûr, on ne s’ennuie jamais !

5- Du lien intergénérationnel

Le premier collectif dans lequel nous étions était composé de familles, de couples sans enfant et de célibataires. C’était pour moi très agréable de voir mon fils être choyé par des sexagénaires, chouchouté par des enfants entre 6 et 10 ans, et à l’aise de naviguer avec toutes ces personnes pendant les 3 premières années de sa vie.

Pour moi, il est important de réduire autant que possible le fossé entre adultes et enfants, de créer des ponts de compréhension mutuelle. Rien de tel que ce type de structure pour créer un modèle différent que les segmentations de notre société (classes d’une même tranche d’âge dans les écoles, maisons de retraite).

D’ailleurs, je te conseille le blog de Coralie « Faut pas pousser Mamy » qui contribue sur la toile à montrer les initiatives autour de ces liens intergénérationnels.

6- Expérimenter un nouveau style de vie, engranger de nouvelles compétences

Nous avons laissé libre cours à notre imagination, dans les limites acceptables par le groupe, et avons osé vivre ce qui ne se vit pas dans la norme : construire notre yourte et y vivre.

Notre yourte !

J’ai vraiment aimé vivre autre chose : utiliser des toilettes sèches, m’occuper d’un compost, avoir un mode de vie plus minimaliste, plus « zéro déchet », avoir un usage résonné en eau. Tu peux voir à ce propos 2 super blogs « Les écolos imparfaits » et « maman zéro déchet » qui promeuvent des pratiques écologiques respectueuses de l’environnement.

Et encore, contrairement à la majorité des « alternatifs », je ne suis pas végétarienne ou vegan (ni ne souhaite aller dans cette direction pour tout un tas de raisons) et je continuais de me rendre au supermarché !

Comme quoi, on peut être décalé au sein même d’un certain courant.

Vivre en collectif, c’est voir d’autres personnes vivre autrement de manière plus approfondie qu’une vie dans laquelle nous voyons nos ami.e.s fonctionner. Cela permet d’identifier si cela nous correspond ou pas, dans quelles limites, ce qui rebute et ce qui inspire. C’est une invitation au changement et à l’ouverture d’esprit.

C’est aussi l’occasion de s’enrichir des compétences des autres de par leur parcours professionnel et de vie, leurs centres d’intérêt… C’est un peu comme avoir des mentor au quotidien, des professeurs de la vie ou sur certains sujets spécifiques (communication, travail du bois, arboriculture…)

7- Communauté d’entraide

Je pense que les 2 premières années, j’ai senti le lien d’affection, le soutien.

De l’aide pour fabriquer ou monter notre yourte, récupérer du matériel pour bébé, faire des achats alimentaires groupés, manier des outils, transmettre des compétences…
Du soutien physique et moral pendant ma grossesse avec des soins ostéopathiques sur place, des remèdes naturels par les femmes du collectif, de l’écoute, des conseils, l’observation des autres..
Tu peux voir mon article sur mon cheminement vers la maternité et mes accouchements naturels.

Il est clair que j’ai beaucoup reçu et appris.
J’ai aussi apporté ma touche, mes compétences, mon écoute naturelle, mon énergie tout simplement.

8- Découvrir le respect profond pour l’enfant

C’est dans ce collectif que j’ai appris le plus car j’ai eu de quoi observer et discuter. J’avais lu, j’étais intimement persuadée que l’on pouvait se comporter autrement que le seul modèle ambiant, j’avais expérimenté à ma petite échelle, mais je n’avais pas encore vu à grande échelle un accompagnement des enfants avec autant de respect. Il y a toujours de quoi s’améliorer, et moi-même j’ai fait des erreurs, eu des réactions, n’ai pas fait ce qui était attendu etc. Mais c’était mieux que ce que je voyais autour de moi. Attention cependant, tous les collectifs ne fonctionnent pas comme cela, et selon moi, beaucoup pourraient s’améliorer sur ce point !
Tu peux aller voir mon article pour t’encourager à t’engager et persévérer pleinement dans la voix de la parentalité positive.

9- Vie en collectif et prise de décision en commun

Le collectif dans lequel nous sommes restés 3 ans était finalement assez hétéroclite.

Nous avions les mêmes valeurs globales, mais pas les mêmes façons de les mettre en œuvre. On peut être d’accord sur l’écologie et le respect de l’environnement et pourtant ne pas avoir les mêmes stratégies pour mettre en place un chantier : le faire soi-même ou déléguer ? Utiliser des matériaux écologiques mais qui durent moins longtemps ou l’inverse ?

J’ai de la gratitude pour tous ces moments vécus à rassembler plusieurs cerveaux pour avancer ensemble. Nous avons eu le mérite de plancher sur des sujets « émotionnels » qui divisent plus que d’autres (rapport à l’autorité administrative, éthique animale, etc.) grâce à des processus de décision novateurs et à une volonté de s’écouter un peu plus loin que les « il faut/c’est comme ça » ou les réactions de chacun.e.

Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin

proverbe africain

Les commentaires sont les bienvenus ! Tu peux également continuer à parcourir d’autres articles plus en lien avec la parentalité et surtout ne rates pas la 2e partie de l’article qui elle, sera plus critique sur les points qui m’ont poussé à quitter la vie en collectif.

Si vous avez aimé l'article, que dites-vous de le partager ? ;)
  •  
  •  
  •  

5 commentaires

  • Mélissandre

    Mais quel expérience ! Des fois on regarde le monde qui nous entoure et on prend peur. Que vont faire nos enfants ? Comment les gens peuvent être aussi égoïstes au quotidien ? La vie en collectivité semble bercée par la bienveillance et l’entraide qui devrait déjà exister mais qu’on n’enseigne pas à l’école vraisemblablement…

    Merci pour ce très beau partage

  • eric

    Trés interessant et au vu du repli sur soi que nous incite la société , la vie en communauté me semble être une belle alternative, inspirante même si un peu utopique … J’attend la deuxième partie pour comprendre les raisons qui vous en ont fait sortir …

  • denise robin

    Merci pour tout ce que vous dites, mais pourquoi avez-vous quitté la vie avec d’autres? J’ai 72 ans et ayant toujours vécu seule étant plutôt baroudeuse, je ressens maintenant l’envie de vivre près d’autres, jeunes et moins jeunes!

    • Bastienne

      Merci Denise 🙂 Et bien peut-être que vous en saurez plus dans le 2e article à ce sujet ! Après, chaque personne est différente. Et je comprends tout à fait qu’à votre âge, vous ayiez envie de mutualiser et vous retrouver en groupe intergénérationnel !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :