Enfance

Mon enfant peut-il tout choisir ?

A l’heure de la parentalité positive et de l’éducation bienveillante qui encourage l’écoute de l’enfant, celui-ci est de plus en plus consulté à propos des choix qui le concernent.

Il est qualifié d’enfant roi pour certains dans le cas où l’enfant déciderait et imposerait ses envies à tout le reste du foyer. La peur de cette dérive entraîne alors l’autre revers de la médaille avec une éducation où le parent impose un style plutôt autocratique avec parfois une alternance de celui-ci avec un laxisme prononcé.
Pour compléter, tu trouveras dans cet article les 4 grands styles éducatifs.

Alors, jusqu’à quel point l’enfant peut décider et faire des choix pour lui ?
Quel est le juste dosage à adopter ?

L’adulte et sa responsabilité

L’adulte parent est censé être un pilier sur lequel l’enfant peut s’appuyer et décharger, un soutien solide, un référent qui sent ce qui est le mieux pour son enfant même si sa décision entraînera potentiellement des erreurs. En effet, on est faillible, on fait avec les informations et les moyens à notre portée à tel instant pour prendre une décision.

L’adulte peut guider son enfant car la différence d’âge fait qu’il a tout simplement plus d’expérience. Il ne s’agit pas de prendre le pouvoir sur l’enfant, mais simplement de le guider et de le protéger.

Que se passe t-il quand l’enfant choisit pour lui ?

Il devient un adulte miniature ! Et c’est ce qui arrive avec certaines circonstances de vie telles que la mort d’un parent ou l’abandon.

Le cerveau de l’enfant devient « adulte ». Pour être plus juste, émotionnellement, il devient son propre parent puisque son parent n’est plus là. Il compte sur lui-même et « se débrouille tout seul ». C’est le genre de personnes que l’on appelle « autodidactes ». Quand il se passe ce type d’évènements dans une lignée, cela fait ricochet sur les descendants et ce comportement peut perdurer de manière inconsciente, avec la peur que le traumatisme du parent « absent » ne se reproduise.

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Que se passe t-il pour le parent qui laisse l’enfant tout choisir ?

Le parent qui veut responsabiliser son enfant trop tôt par rapport à sa maturité, veut qu’il apprenne à se débrouiller seul par peur qu’il meure ou que l’autre parent meure, et que l’enfant se retrouve orphelin.

Vouloir le rendre autonome rapidement est en effet un moyen pour qu’il puisse devenir son propre pilier « au cas où ».

Mais vivre avec l’épée de Damoclès sur la tête, c’est vivre avec la peur au quotidien. Et je pense qu’il est bon d’enlever des couches de peurs tapies en chacun de nous pour vivre mieux.

Si l’on grille ces étapes dans lesquelles l’enfant grandit et prend son autonomie, on le rend adulte avant l’heure, on ne lui permet pas de profiter de son enfance et adolescence où règne, normalement, l’insouciance.

Écouter et prendre en compte l’enfant

Une avancée majeure

La racine latine du mot « enfant » signifie « celui qui ne parle pas encore ».

Pourtant, on peut déjà écouter ce jeune être humain dès sa naissance par son langage non-verbal (voir article sur les pleurs du bébé), dès sa toute petite enfance en lui apprenant la langue des signes, et même avant sa naissance en se reliant à son âme (voir article sur l’incarnation de l’âme) !

Aujourd’hui, l’accent est de plus en plus mis sur la reconnaissance de l’être sensible qu’il est, au niveau émotionnel, on l’écoute, on le prend en compte, on lui demande, on le considère. Cela se constate par les moments de « météo émotionnelle » dans certains groupes et les livres jeunesse qui abordent de plus en plus l’accueil des émotions.

Je suis heureuse de voir cette avancée, même si le chemin pour la reconnaissance de l’être spirituel reste à faire !

Les enfants, nos guides

Leurs réflexions m’étonnent parfois, me fascinent ; leur sagesse, leur sensibilité et leur empathie me donnent espoir pour l’avenir de ce monde. Ils semblent parfois en savoir plus que les adultes, être doués d’une intelligence hors du commun. Voir à ce propos l’article sur les 13 types d’intelligence.

Ils nous font sacrément bosser sur nous, nous remettre en cause, pour peu que l’on ait cette vision-là de la parentalité et que l’on ait envie de se questionner. C’est pourquoi je les appelle nos « guides ».

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Un des risques est de se sentir incompétent en tant que parent et de les laisser mener leur vie, de les prendre pour des adultes en miniature.

Le choix de l’enfant

Laisser l’enfant tout choisir : les dérives

J’ai observé à plusieurs reprises des parents attendre que leur enfant choisisse, et le laisser décider.

Prendre en compte son avis et le consulter est tout à fait sain, mais lui laisser avoir le dernier mot sur des sujets importants est un poids trop lourd pour lui n’ayant pas encore la maturité suffisante pour choisir ce qui est bon pour lui et assurer sa propre protection.

Quelques exemples :

– vivre chez papa ou chez maman en cas de divorce (quand il n’y a pas de maltraitance avérée chez l’un ou l’autre)
– recevoir tel ou tel soin
– aller à l’école ou non
– sa nourriture
– maturité pour ses premières expériences sexuelles partagées
– changer de sexe (les enfants et adolescents transgenres sont de plus en plus nombreux !)

L’enfant n’a pas le choix

Que ce soit par envie d’être ouvert aux envies de son enfant ou pour toute raison consciente ou inconsciente, l’enfant n’est pas libre de choisir. Car en réalité, il n’a pas le choix de partir et d’aller vivre sa vie ailleurs. Il est dépendant des adultes qui l’ont en charge, de leur mode de vie et de leur style éducatif.

Quand il est confronté à de la maltraitance, il ne peut ni fuir ni combattre, il peut seulement être dans la stratégie de survie de l’immobilisation (celle appelée aussi « faire le mort ») et …attendre que ça passe.

L’enfant passe par différentes étapes pour être autonome. Il devient adulte quand il s’assume financièrement et matériellement et quitte le nid familial.

Un choix à sa portée

Choisir de mettre tel ou tel pantalon à 2 ans, ce qu’il préfère manger à 3 ans, s’il sera douché avant ou après le dîner à 4 ou 5 ans, quelle activité il aimerait découvrir dès 6 ans, me semble adapté.

C’est cela l’écoute, prendre en compte ses goûts, sa singularité et sensibilité. C’est s’ouvrir à des stratégies différentes après identification du besoin.

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Par exemple, pour un besoin d’hygiène, s’il y a conflit, on peut faire en sorte que l’enfant se douche seul, ou bien qu’on ne lave que les parties intimes ou les pieds sales, ou qu’il y ait un bain moussant ce soir-là etc.

Et pour des sujets plus importants, on décide pour lui, tout en prenant en compte sa sensibilité, son avis et son rythme.

Je pense que nous nous devons d’être un garde-fou à son expérimentation de la vie à un âge où il a encore besoin d’être accompagné et sans lui exiger d’être prêt avant l’heure.

Sources:
formation pratique en épigénétique méthode noguès
formation coaching parental

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Un commentaire

  • Anonyme

    Super interessant ! C’est vrai que le raccourci entre éducation positive et enfant roi est vite fait pour ce qui ne connaisse pas ou ne veulent pas s’intéresser à l’éducation bienveillante. Je crois que nous sommes là en tant que parent pour apporter un cocon de sécurité à nos enfants, et c’est vrai que les laisser tout choisir peut leur transmettre trop de responsabilités et du coup de l’insécurité. Trouver le bon périmètre sur lequel on doit leur laisser le choix n’est pas toujours simple. C’est une de mes difficultés.

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