Périnatalité

podcast n°2: accouchement naturel, témoignage d’Anne-Sophie

Cette série de podcasts entre dans le cadre de mon défi d’interviewer 21 femmes sur leur projet d’enfanter naturellement que je m’étais fixé dans mon premier article de la rubrique Périnatalité.

Je t’invite à farfouiller dans cette rubrique (par exemple les articles sur les pleurs des bébés avec des approches originales, le placenta, l’ostéopathie, le watsu et d’autres à venir).

« Physiologie », pas la même définition pour tout le monde

L’accouchement physiologique ou « naturel » équivaut à l’intervention la plus minimale possible de la part du corps médical : par voie basse, sans péridurale ni épisiotomie ni instruments (forceps, ventouse). Nous pouvons aller plus loin dans cette définition : le respect du rythme de la femme en train d’accoucher, donc ne pas interférer dans sa « bulle » en la ramenant à des questionnements pratico-pratiques.

Il faut savoir que pour le corps médical, accouchement physiologique veut uniquement dire par voie basse, et n’exclue aucunement les autres options citées ci-dessus.

Les 5 accouchements d’Anne-Sophie

Alors que je contactais une deuxième maman pour recevoir son témoignage, je suis tombée sur Anne-Sophie qui connaît bien Molly, ma première interviewée 🙂

Elles ont d’ailleurs fondé ensemble l’association Coeur de Famille, qui a pour but d’informer et d’écouter les parents sur des thématiques comme l’allaitement, le portage, la période post-natale, dans le nord du Gard et le sud de l’Ardèche (France).

1er accouchement en maternité, imprévu

La première option était l’accouchement à la maison. Ceci n’a pas été possible donc l’autre choix était le plateau technique. Malheureusement celui-ci a été retiré à la sage-femme alors qu’elle était à 8 mois de grossesse. Donc elle a dû se résigner à accoucher en maternité. Le stress de ce choix de dernière minute a entraîné un post-terme, elle a accepté d’être déclenchée à J+6.

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Son expérience a mal tourné, la péridurale était trop dosée, elle ne sentait plus ses jambes, ils ont donc sorti son bébé à la ventouse.

Je me suis battue pour ne pas avoir l’épisiotomie.

Son post partum, notamment la mise en place de l’allaitement, a été sauvé par la sage-femme qui est venue la visiter ensuite.

2e accouchement à la maison qui l’a reboosté

Ce deuxième accouchement a été rapide, le bébé est né avant l’arrivée de la sage-femme. Il lui a permis de retrouver une confiance énorme dans son corps.

ça m’a reboosté !

3e accouchement à l’hôpital de nouveau violent

Ils étaient suivis par une autre sage-femme qui accompagnait les naissances à la maison mais elle ne se sentait pas suffisamment en confiance avec elle, et souhaitait une personne plus chaleureuse.
Par un concours de circonstances, elle a finalement dû accoucher à la maternité, ce qu’il s’est passé 1h après son arrivée. Lors de l’expulsion de son bébé (au passage des épaules), 3 personnes lui ont injecté de force de l’ocytocine de synthèse pour la délivrance du placenta. Ils ont fait des soins à son bébé sans son consentement.

4e accouchement à la maison, déni d’accouchement, dur dur !

Ce 4e bébé était inattendu car elle a vécu un déni de grossesse jusqu’à 3 mois et demi.
Après ses expériences précédentes, Anne-Sophie ne voulait pas retourner à la maternité. Elle avait trouvé une sage-femme qui pratiquait les accouchements à domicile, à 2h de chez eux.

Poches des eaux rompue, rythme des contractions complètement hors norme, Anne-Sophie nomme ce qu’elle a vécu comme un déni d’accouchement. Elle a vraiment réalisé qu’elle était prête pour accoucher après examen de sa sage-femme qui lui a annoncé que son col était dilaté à 10. A partir de ce moment-là, son bébé est né en 1/2h, ce qui a été assez violent à vivre.

5e accouchement, seuls, dans un gîte pour le mariage de sa sœur

N’ayant trouvé absolument personne pour l’accompagner, ce que je retiens du récit de son dernier accouchement est le contraste entre une grande solitude car elle n’a pu avoir aucun accompagnement (avant, pendant, après) pour la rassurer (alors qu’elle était en demande), et à la fois le plus beau jour de sa vie avec un accouchement de rêve !

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Son projet n’était pas compris. Elle voulait que quelqu’un soit là et ne fasse rien.

J’étais au clair avec les risques et ma responsabilité mais c’était dur pour moi de ne pas pouvoir me confier sur mes questions.

Naissance et mort, c’est relié.

Elle a vécu une grossesse compliquée, pendant laquelle le médecin prédisait que son enfant avait une lésion au cerveau. Elle a refusé l’amniosynthèse, le test du diabète et autres examens.

A l’intérieur de moi je savais, tout était bon, donc je suis restée confiante et droite dans mes bottes.

3h après la naissance, elle s’est rendue au mariage de sa soeur avec son bébé (qui allait parfaitement bien).

J’étais dans une forme olympique.

C’est vraiment le cheminement avec le bon et le mauvais, qui a fait qu’on est arrivés à cet accouchement juste parfait !

Ressources intérieures mises en oeuvre

Compagnon ou co-parent : pilier de sécurité ultra important !

Ce qui l’a aidé pour en arriver à ce dernier accouchement a été les préparations précédentes d’accouchement à domicile avec les sages-femmes ainsi que l’implication de son conjoint dans celles-ci.

C’était à lui que je me raccrochais. Au moment de la phase de désespérance, il sait qu’il a son rôle à jouer. Il me disait « oui tu as peur, oui tu crois que tu vas mourir, mais tu vas voir, tout va bien se passer ».

Il est très important pour les femmes de trouver une personne de confiance, même si ce n’est pas le compagnon.

Ecouter et accueillir toutes ses peurs

Elle a également cheminé avec ses peurs. Ce qui lui paraît important, c’est de toutes les poser sur la table. Sa plus grande peur était l’hémorragie de la délivrance pour laquelle les médecins l’inquiétaient également (pour les raisons suivantes : femme ayant eu plusieurs enfants (multipare) et obésité).

Les livres et films qu’elle recommande

Comme Molly, Anne-Sophie conseille le livre Intimes Naissances, mais malheureusement, il est à un prix exhorbitant, donc le mieux est d’essayer de le trouver d’occasion, en questionnant autour de vous.

Pour une naissance à visage humain

Le film Le Premier Cri, voir la bande-annonce en cliquant sur ce lien

Voir le site de la réalisatrice

Ce qui nous manque, le plus souvent, n’est pas la liberté, mais le courage de l’assumer ! Nina Narre

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7 commentaires

  • Valériane

    Oh merci pour ces témoignages ! J’ai regardé le dernier cri il y a quelques jours et je me suis mise en réflexion par après. J’ai l’impression que si la femme est en confiance et que son environnement est la comme présence et n’intervient pas dans cette confiance, cela se passe sans anxiété. La confiance ne veut pas dire que le risque n’existe pas, c’est accepter qu’on peut en mourir. Et lorsque les femmes sont à l’hôpital, le système casse souvent cette confiance… Je ne dis pas que c’est partout pareil mais cela relève l’image de la société et la manière dont on a appris à être…

  • Mélanie

    Article captivant ! Je pensais connaître la définition d’un accouchement physiologique, mais en fait non !
    Et ce partage d’expérience est tellement enrichissant ! J’aime beaucoup la citation à la fin « Ce qui nous manque, le plus souvent, n’est pas la liberté, mais le courage de l’assumer ! » Le système casse beaucoup la confiance des femmes (pas seulement au moment d’une grossesse et d’un accouchement d’ailleurs, qu’il faut essayer d’aller au-delà de ce que nous dicte la société, nous faire confiance et s’écouter davantage ! Merci !!!

  • Klayros

    Ah… Intimes Naissances… on est un sacré paquet à chercher ce livre merveilleux <3
    Un grand merci pour ce témoignage, je trouve qu'il est tellement important de les partager, surtout pour démocratiser les naissances non-médicalisées, qui sont hyper méconnues et mal vues dans notre société.

    • Bastienne

      Merci Klayros pour ton commentaire 🙂 oui, en tant que doula en plus, tu dois être bien sensible sur ce sujet également 🙂 je trouve aussi cela important de les mettre en avant, plus les gens auront l’info, plus les couples auront le choix.

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