naissance à la maison
Périnatalité,  Vie simple et nature

Récit d’une naissance à la maison

A travers mes articles j’ai à cœur de promouvoir les naissances naturelles ou physiologiques, dans le respect de notre nature de femmes et de notre intégrité physique.

Petit rappel de ce qu’est un accouchement physiologique :

C’est : pas de déclenchement, pas de péridurale, pas d’instrumentation, pas d’épisiotomie, pas de césarienne, pas de perfusion ; c’est par voie basse, c’est préserver l’intimité de la femme (en son et en paroles, en lumière, en nombre de personnes présentes), son rythme et ses souhaits (boire, manger, aller aux toilettes, se mouvoir etc).

Voici le récit de la naissance de notre troisième enfant, née à la maison !

Une histoire de dates

Le terme était prévu au 18 octobre. Nous voulions absolument terminer les travaux dans la pièce qui allait être dédiée à l’accouchement, et de salon et bureau par la suite. Cela a pu se faire fin septembre !

J’espérais, au fond de moi, accoucher en dehors du 6 octobre, date anniversaire de ma sœur, et du 7 octobre, date anniversaire de mon fils aîné. Cela compte pour moi que chaque membre de la famille ait sa propre date.

Mais la vie m’a enseigné que c’est elle qui choisit, pas moi !

Alors, les contractions de l’Embarcation (comme cité par Karine Laseva dans « le vortex de la naissance » dont les informations principales sont reprises dans mon document sur les étapes de la naissance), généralement appelé le « pré-travail », ont démarré le 6 octobre au matin, histoire de bien me mettre le suspense.

Moi qui n’avais pas connu d’épisode de pré-travail séparé du travail dit actif pour mes 2 grossesses précédentes, c’était assez étrange, je ne savais pas quand le moteur allait s’allumer pour de bon.

J’ai quand-même pu faire des courses l’après-midi avec mon chéri pour continuer notre aménagement. Ça tirait et chauffait en bas de mon dos.

Un gâteau et… c’est parti !

Le soir, l’angoisse me monte, je n’arrive pas à avoir l’esprit tranquille avec le fait que ma fille naîtra probablement le 7 octobre, jour des 7 ans de mon fils. Je demande de l’écoute à celle qui m’a formé comme doula en présentiel.

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Cela me fait du bien.

A la fin de notre appel, elle me transmet la parole sage de celle qui a aussi été ma « doula ponctuelle » lors de ma première grossesse : « Fais un gâteau, fais quelque chose, sois dans l’action pour être dans le présent et pas dans l’attente, et puis tu passeras la main quand tu sentiras que c’est le moment. »

Je trouve que c’est une excellente idée. En plus, le gâteau d’anniversaire sera prêt, me dis-je !

recette (très bonne d’ailleurs) issue du livre pour enfants
Le Loup au pays des contes

Mon compagnon est endormi sur le canapé juste à côté, il a dû sentir qu’il devait se reposer avant.

A la fin de ma préparation, les contractions deviennent enfin régulières, ça y est…Je n’ai plus qu’à le mettre au four, et m’occuper de moi en me mettant à l’écoute et dans l’accueil de mes sensations.

Je sais ce que je veux, que j’avais posé comme intention bien en amont et auprès de ma sage-femme: accueillir et embrasser pleinement l’enfantement, instant après instant sans me préoccuper de la contraction suivante et accueillir moi-même ma fille dans mes bras à sa sortie.

Intensification des contractions

J’appelle mon amie d’enfance à 23h, je lui dis qu’elle peut arriver, elle habite désormais dans la grande ville voisine, elle nous rejoindra 30 minutes plus tard, avec son tambour de chaman. Je souhaitais sa présence comme soutien pour mes garçons potentiellement en demande, et pour moi également. C’est aussi le rôle que peut avoir une doula !

J’envoie un message à ma sage-femme, mais je l’appelle 1/2h plus tard pour lui dire d’arriver pour minuit et demi, soit 1h plus tard.

Pendant ce temps, mes contractions s’intensifient, je me mets à genoux sur le fauteuil, puis à genoux parterre, les bras posés contre le canapé.

La piscine d’accouchement est à côté, mais je n’ai pas envie d’en profiter (il aurait fallu la remplir^^) et je n’en aurai finalement pas le temps.

Mon compagnon m’appuie et me masse en bas du dos et sur les os iliaques avec une préparation aux huiles essentielles « spécial naissance ». Mon amie frappe dans son tambour tout proche de moi pour que j’en sente les vibrations. J’ai les yeux fermés, je suis dans ma bulle.

Prise d’autonomie

L’envie me prend de tâter mon col de l’utérus, je le dis à mon compagnon qui m’encourage à le faire. Je n’ai aucune compétence spécifique pour savoir quelle est son ouverture. Je sens la tête de mon bébé mais elle me semble assez haute.

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D’ailleurs, petite parenthèse, concernant cette ouverture de col, je n’ai eu aucun examen vaginal pendant toute ma 1ère (sauf pour la visite à l’hôpital) et 3ème grossesse, ni pendant les accouchements, et à peine pendant le 2ème sans jamais que je sache où mon col en était dans son ouverture. Quand j’ai posé la question, ma sage-femme m’avait alors demandé « tu veux vraiment savoir ? » ce à quoi je lui avais dit « non en fait ! »

Parfois, connaître ces chiffres peut être plus perturbant qu’autre chose, en plus du fait que ce soit un geste intrusif !

A la contraction suivante, je sens comme un « crac » avec l’impression que le col s’ouvre d’un coup. Et je perds du sang. Je me sens inquiète, je n’étais pas au courant que cela peut arriver. Mon compagnon me rassure, lui est confiant. Je me souviens avoir exprimé que ce serait bien que la sage-femme arrive pour me rassurer sur ce point.

Mon amie sort de la pièce.

A la contraction suivante, quelle n’est pas ma surprise de sentir la poussée ! Mon utérus est en train d’expulser mon bébé !! Je ne m’attendais absolument pas à cela à cet instant tellement cela me semblait rapide. Notre petite fille sort en une seule contraction. Je me redresse pour la rattraper et commencer à réaliser qu’elle est bel et bien déjà là… à 00h25, 1h30 après la fin de mon gâteau, et à peine plus tard que le 6 octobre !

Mon amie revient dans la pièce et découvre ce bébé, déjà là dans mes bras ! Apparemment, nous ne devions être que tous les 3 pour ce moment.

Elle pleure, est couverte de vernix caseosa (substance graisseuse blanchâtre sur la peau du bébé), et quelques instants après, je la couvre d’une serviette.

Arrivée de la sage-femme et de mon fils cadet !

La sage-femme arrive 10 minutes plus tard, une fois que nous avons récupéré nos esprits et sommes sortis de l’état de surprise !

On entend notre fils de 2 ans et demi appeler, notre amie le porte jusqu’à nous, et il découvre ce petit bébé. Je perçois chez lui de l’observation, de la stupéfaction et de la fatigue. Son père le ramènera au lit avant la sortie du placenta.

Sortie du placenta

Je ne sais pas comment me mettre physiquement pour être à mon aise, je sais que l’enfantement n’est pas terminé. Tant que le placenta n’est pas sorti, il y a cette sensation de « pas fini ».

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Le cordon ne bat plus depuis un moment. Je sens que la pratique du placenta lotus n’est pas pour moi, je souhaite que le cordon soit coupé, et pour cette fois-ci, j’ai voulu sortir des traditions et couper moi-même le cordon, histoire de savoir ce que ça fait.

A un moment, j’ai senti que je devais sortir mon placenta. Je me suis remise à genoux, je l’ai poussé et rattrapé. J’avais une belle galette de viande bien chaude dans mes mains.

Plus tard, nous l’avons observé sous toutes les coutures. La sage-femme nous a montré comment on pouvait déceler s’il en manquait des morceaux (dans le cas d’une hémorragie de la délivrance).

Puis nous avons fait 2 belles empreintes d’arbre de vie et en avons conservé un morceau pour une préparation ultérieure d’iso-thérapie placentaire.

Le surlendemain, j’en ai mangé un morceau cuit. Et l’ensemble du placenta a ensuite été placé au congélateur pour être mis sous un arbre que nous planterons, comme pour les 2 précédents placentas. Voici un article détaillé sur le placenta et ce que tu peux faire avec.

J’espère que ce récit t’aura plu et inspiré pour vivre une naissance physiologique.

Enfin, je t’invite à farfouiller les articles autour de la périnatalité et notamment :

– « Accouchement physiologique, le parcours de la combattante » avec des données issues du film documentaire Faut pas pousser de Nina Narre, avec son accord.

– « Les 3 types de sécurité dont a besoin une femme enceinte »

– « Le rôle du partenaire avant, pendant, après la naissance »

– « 12 peurs sur la grossesse, l’accouchement et l’arrivée de bébé »

Tu trouveras aussi des documents pdf à télécharger sur la boutique :

– les étapes auxquelles t’attendre pour ton accouchement

– les points sur lesquels réfléchir pour ton projet de naissance

– un document pour le partenaire

– un guide sur l’allaitement

– un guide sur l’hygiène naturelle infantile

Etc.

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10 commentaires

  • Valériane

    Merci pour ton partage qui m’a laissé émue avec la petite larme qui a coulée 🥰 j’ai pu ressentir l’émotion lorsque tu expliquais la poussée et la recontre avec ta fille. J’ai tellement hâte de le vivre aussi ! Et puis j’adore l’idée du gâteau franchement !!😍

    • Carole

      Félicitations Bastienne et bienvenue à ta fille ! Quel beau récit de naissance, qui nous rappelle que l’on peut à la fois s’y préparer tout en acceptant la part d’imprévu.

  • Virginie VINAS

    L’expérience a dû être vraiment émouvante. Je trouve que c’est très courageux, à la fois tellement naturel et au final certainement beaucoup plus rapide. Ressentir l’expulsion sans péridurale doit vraiment créer un lien très fort avec son bébé. Personnellement je ne pense pas que j’aurai eu ton courage, certainement trop de stress sans entourage médical… Bravo !

  • Marie

    Merci d’avoir partagé ce moment si intime et merveilleux ! Moi aussi j’avais espéré un accouchement comme celui-ci mais ma petite fille est née par césarienne, déclenchée, 9 jours après le terme après plus de 24 h de contractions… malgré une préparation à la naissance toute en douceur accompagnée par une doula… comme quoi ça se passe rarerement comme on le prévoit. Félicitations à vous et plein de bonheur pour toute la famille

  • Olivia

    Ouahou, c’est subujuguant ton récit ! Je ne suis pas encore maman, mais prochainement je l’espère… J’ai déjà souvent pensé à l’accouchement et je suis désolée que ça ne soit pas davantage « démocratisé » d’accoucher chez soi en France. Du coup, je ne m’en sens pas capable pour mon futur premier enfant et pourtant, je ne me sentirai pas non plus à ma place dans un hopital… Bravo en tous cas pour ta détermination.

  • Jessica M

    Merci pour ce partage très personnel et émotionnel ! Quelle belle aventure cet accouchement à domicile, cela restera certainement un souvenir inoubliable à tout jamais ❤️

  • Anonyme

    Magnifiquement raconter ton accouchement 🥰! C’était très important pr toi et tu as su nous faire partager tes émotions ! Merci pr ce beau moment de partage !

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