Périnatalité & petite enfance

A quoi s’attendre en post-partum immédiat ?

Tout ce qui est décrit dans cet article en post-partum immédiat n’est pas un passage obligé pour toutes les femmes, et revêt des formes différentes en fonction de ta grossesse, ton accouchement et de qui tu es. J’appelle post-partum immédiat les 15 premiers jours après l’accouchement, même si le post partum est plus long et dépend aussi du ressenti de la mère. Les partenaires, vous avez toute votre place, surtout pour soutenir la maman. Un geste attentionné, des repas servis au lit, les courses, s’occuper des aînés, changer et porter bébé, réguler les visites… Il y a de quoi faire ! Donc il est important de vous reposer également et de demander de l’aide si vous sentez que vous atteignez certaines limites.

Le post-partum immédiat : forme physique de la mère

Insomnies

Personnellement, après chacun de mes accouchements, je n’ai pas réussi à dormir la nuit qui a suivi, peu importe l’heure des naissances (15h, 6h, 0h) car je repensais à l’intensité de la naissance, je me repassais le film en quelque sorte. Donc je démarrais avec une bonne dose de fatigue, en plus du marathon que je venais de vivre.

Sujette aux insomnies, c’est aussi mon point sensible.

Fatigue physique

La femme qui vient d’accoucher a fourni un effort considérable. Selon la durée de ton accouchement, si tu as vécu une césarienne ou non, se mettre debout peut être difficile les premiers jours, avec la tête qui tourne, le cœur qui s’emballe. C’est ce qu’il s’est passé pour moi après mes 2 premiers accouchements les 2 premiers jours, notamment pour prendre ma douche.

L’idéal serait de rester 5 jours au lit, 5 jours assise dans le lit et 5 jours autour du lit selon Karine Laseva de QuantikMama.

Personnellement, rester couchée et assise dans le lit 7 jours, et adopter occasionnellement la position debout les 7 autres a été bien pour moi. Je conseillerais quand-même aux femmes d’accepter ce temps de pause pour elles afin de bien prendre ce temps de convalescence, et favoriser le lien d’attachement avec le bébé. Je te conseillerais de faire des siestes et d’avoir ton bébé en cododo (outil du parentage proximal) qui permet de répondre plus rapidement à ses besoins, et qui contribuera à plus de repos pour toi.
Ce qui m’aide aussi, c’est de m’endormir plus tôt, et d’éviter les écrans le soir. C’est un conseil bateau mais pourtant, j’ai vraiment vu la différence.

Déchirure – cicatrice de l’épisiotomie – cicatrice de la césarienne

Que l’on ait vécu un accouchement par voie basse avec ou sans épisiotomie, avec ou sans déchirure, ou par césarienne, il faut s’occuper de la zone par laquelle le bébé est sorti !

Et selon le degré de douleur et de traumatisme physique, le temps de soin variera.

Tu peux voir mon article sur comment prendre soin de notre yoni en post-partum, ainsi que de la cicatrice de la césarienne.

Tranchées utérines

C’est lorsque l’utérus se remet en place, que les vaisseaux liés au placenta se referment et que l’utérus expulse les caillots de sang (locchies). Il passe de la taille d’une pastèque à celle d’une poire en quelques jours voire quelques semaines (jusqu’à 6 semaines).

Personnellement, en 3 jours, mon utérus était quasiment revenu à sa taille initiale et j’ai eu extrêmement mal, bien plus mal qu’à l’accouchement. L’ocytocine (hormone de l’attachement) et la prolactine (quand bébé tète) jouent un rôle dans ce processus.

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La douleur des tranchées est généralement plus importante chez une multipare (femme ayant plusieurs enfants). Je n’ai pas fait exception à la règle.

Ce qui m’a aidé : la bouillote d’eau chaude, respirer profondément et crier à fond, changer de position et …le doliprane ! J’ai pensé trop tard à manger un morceau de placenta, je l’ai fait le surlendemain de l’accouchement, mais le faire aussitôt après peut aider !

Lochies et saignements

Les lochies contiennent du sang, du mucus cervical mais aussi des résidus utérins sous forme de caillots, et des débris de membrane placentaire.

Les lochies durent en général 15 jours, bien qu’il y ait encore des saignements légers les 15 jours suivants, plus rosées et brunâtres avec l’oxydation du sang.

Ces saignements sont favorisés avec l’allaitement, qui permet en quelque sorte, un nettoyage plus rapide de l’utérus.
Si tes saignements sont très abondants dans le temps, avec une odeur nauséabonde, il est important de consulter un médecin.

En plus ou à la place des serviettes hygiéniques jetables, tu peux utiliser ces culottes spécial post-partum (en lot de 4) !

Constipation

On peut expérimenter la peur de faire caca pendant l’accouchement, mais également l’appréhension de faire de même après l’accouchement.

Il est bon de ne pas laisser traîner l’affaire trop longtemps afin de ne pas créer une constipation douloureuse. En 2 ou 3 jours, le transit est censé repartir.

Bien penser à boire en mangeant et en dehors des repas (notamment pendant les tétées si tu allaites). Pense également à prendre des fibres avec les fruits et les légumes, et du psyllium.

Fuites urinaires

Après l’accouchement, les organes qui étaient comprimés avec la grossesse, dont la vessie, se remettent en place.

Le périnée en a pris un coup, il s’est assoupli, les muscles pelviens sont plus relâchés, moins toniques et tu peux expérimenter des fuites urinaires.

Je te conseille de commencer la rééducation périnéale aux alentours de 6 semaines après l’accouchement, de prendre connaissance du livre « Périnée, arrêtons le massacre » de Bernadette de Gasquet et de Mélissa Carlier sur le Flux Libre Instinctif, qui donne des informations importantes sur la physiologie du corps féminin et plus précisément du périnée.

Sacrum douloureux

Alors que mes tranchées me faisaient tordre de douleur, j’avais aussi du mal à rester assise dans mon lit avec une vive douleur au sacrum. Cela prend une bonne semaine à 10 jours avant de s’atténuer.

Je te conseille l’ostéopathie (tu peux lire l’article sur les bienfaits de l’ostéopathie pour les femmes enceintes et les bébés) et … la patience !

Douleurs au dos

Les muscles du dos ayant été moins sollicités pendant la grossesse, ils peuvent être douloureux lorsqu’on se met à porter notre bébé (en écharpe de portage). Il va se remuscler petit à petit. Je pense qu’il s’agit de solliciter son dos tranquillement, au même rythme que la sortie progressive du lit.

Les seins : mamelons et montée de lait

J’aurais bien aimé savoir qu’allaiter pouvait être très douloureux les premiers jours avant la naissance de mon premier enfant, pour éviter l’effet « surprise ». J’ai tenu bon. Un mamelon sur les 2 avait une petite crevasse et saignait. J’avais l’impression d’une pince qui me tirait le téton. Oui, ça ne donne pas trop envie. Quelques conseils bien avisés peuvent être bien soutenants pour rester sur une volonté d’allaitement. Cette douleur est revenue pour mon 2e enfant, et presque pas pour mon 3e.

Cela dépend d’une bonne prise du sein de la part du bébé et d’une bonne position d’allaitement. Tu peux consulter mon article sur l’allaitement et également celui de la leche league.

Et puis vient ensuite la montée de lait qui tend les seins, généralement au bout de 3jours pour un accouchement par voie basse, et 5 jours pour un accouchement par césarienne. D’un petit 85A avant ma première grossesse, je suis sûrement arrivée à un 90C ou D pendant la montée de lait ! De quoi impressionner mon compagnon et d’avoir des seins de bimbo comme jamais ! hahaha

Sur conseil de ma sage-femme, une bouillote d’eau chaude sur les seins a l’avantage de calmer la douleur, mais l’inconvénient d’activer la circulation et la production de lait, ce qui augmente la quantité de lait et donc la douleur ! On préfèrera donc des glaçons. J’ai réutilisé les poches de gel YoKool pour les bains dérivatifs (voir article sur comment éviter les déchirures du périnée). Cette montée de lait se régule en 2, 3 jours en fonction de la quantité de lait prise par bébé et la fréquence des tétées.

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Chute de cheveux

Environ 2 à 3 mois après l’accouchement, on peut observer une chute importante des cheveux, appelé « alopécie du post-partum ».

C’est dû à la chute des hormones œstrogène et progestérone. Les cheveux qui étaient plus beaux pendant la grossesse se mettent à tomber en masse. Au bout de 10/15 jours postpartum, j’ai déjà senti la différence. Cela dure généralement 3 mois, et l’on met environ 1 an à retrouver sa chevelure d’origine.

Plusieurs conseils sont donnés sur le site de Naturelle Maman (alimentation, homéopathie, massage). En ce qui concerne l’alimentation, je te conseille le régime alimentaire Gyvais dont je parle dans 2 articles (Enceinte, en santé avec une belle silhouette; mon expérience avec Gyvais), de plus, cela te permettra de retrouver une silhouette équilibrée si jamais tu as pris un peu (ou beaucoup) de poids.

J’ajoute également le conseil de la coupe énergétique. Cela fait 13 ans que mes cheveux ne sont coupés que de cette manière. C’est une coupe pour « l’Être », le « Paraître » en est l’heureuse conséquence. Moi qui avais des cheveux fins, ils se sont épaissis et renforcés au fil des ans.

Le post-partum immédiat : le moral, la logistique, le bébé

Deuil de l’accouchement idéal

C’est clair qu’en plus des symptômes décrits ci-dessus, si ton accouchement a été traumatique pour une raison ou une autre, ton moral en prendra un coup.

Je t’invite à prendre soin de ton émotionnel, à parler, à demander de la présence (famille, amie, doula post-natale) pour pouvoir vider tes larmes et confier ce qui te pèse. Plus tu prendras soin de toi, plus tu pourras être présente pour ton bébé.

Pleurs de bébé plus importants

Après l’accouchement, généralement, bébé dort beaucoup. Au bout de quelques jours, il commence à pleurer un peu plus, voire beaucoup. Cela peut être éprouvant, d’autant plus avec la présence des symptômes vus au dessus qui font que ta disponibilité, ta patience et ta sensibilité sont mises à rude épreuve.

Alors, vraiment, je t’encourage à lire mon article sur les pleurs des bébés.

Ce qui m’a sauvé et aussi de nombreux parents, c’est d’apprendre à écouter les pleurs, sans vouloir les en empêcher ni les réprimer, sans passer ton temps à le bercer pour qu’il s’arrête. Ce petit être n’est pas qu’un tube digestif à nourrir avec des coliques à gérer. Il arrive avec ses émotions qu’il a le droit d’avoir.

Tu as tout intérêt à prendre soin de ton propre émotionnel, car ton bébé le capte et l’exprime à son tour.

Problèmes de santé du bébé

Dans le cas d’un accouchement difficile, il est fort probable qu’il l’ait aussi été pour le bébé. En plus de soins physiques, il aura certainement besoin de décharger son émotionnel. C’est un processus physiologique vital. Aletha Solter dit que l’on peut se remettre de tout traumatisme si l’on prend la peine de décharger. Je t’invite à lire mon article sur les pleurs des bébés qui aborde ce sujet. Une visite chez l’ostéopathe peut également aider.

Les visites

En post-partum immédiat, généralement, la famille veut rencontrer le bébé. C’est super mais ce n’est pas le meilleur moment pour accueillir du monde. Toi qui aurais tout intérêt à te faire servir tes repas au lit pendant que tu as mal au sacrum et aux seins, ce n’est pas le moment pour mettre les petits plats dans les grands et t’occuper des autres.

Ceci serait le meilleur moyen pour déclencher une dépression derrière.

Mon conseil serait de planifier correctement les venues et poser tes limites (temps de visite, accueil pour la nuit ou non et pour combien de repas) et de demander de l’aide logistique (repas, vaisselle, lessives).

A la fameuse question « Qu’est-ce qu’on amène ? Que voulez-vous pour le bébé ? », on peut répondre « des plats préparés par vos soins ! ». C’est ce que nous avons fait avec les parents de mon compagnon et cela nous a facilité la logistique repas pendant les quelques jours de leur venue.

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C’est plus adapté que la mère reçoive du soutien logistique que des temps de pouponnage.

La logistique et la présence des aînés

Bah ouais, pendant que tu te remets, il faut continuer à manger, te laver, t’occuper des aînés quand tu as d’autres enfants.

Personnellement, c’était un peu « sport » au moment du coucher quand mon bébé avait 2 et 3 semaines et que mon compagnon partait à ses activités 2 soirs d’affilée par semaine, pour coucher le grand de 7 ans et le plus jeune de 2,5 ans (qui sortait du lit et s’endormait 1h30 après le coucher^^).

Quelques astuces en vrac :

Se préparer des plats avant l’accouchement à mettre au congélateur.

Demander de l’aide pendant quelques semaines, de la part de ta mère, ta belle-mère, d’une amie. Dans certaines cultures, la mère vient s’installer 1 mois à la maison pour faire tout le boulot logistique (et pas pour mettre les pieds sous la table) !

– Demander les services d’une doula post-natale. Je peux faire cela autour de chez moi, en libéral ou bien grâce au réseau OhMamaCare qui permet d’employer une doula postnatale en bénéficiant de réductions d’impôts.

La doula postnatale prendra soin de toi pour la logistique (étendre du linge, faire des courses), l’écoute de l’émotionnel, des conseils divers et variés selon tes questions.

– Faire jouer la solidarité :

Tu peux faire appel à tes réseaux pour recevoir des repas, de l’aide logistique, pour être avec les aînés…

Pour ma part, pour mon 1er et 3e bébé, nous avons fait jouer la solidarité. Pour notre premier, nous vivions en collectif et quelques familles nous ont préparé des repas pour les premiers jours. A l’arrivée de notre 3e enfant, j’ai osé sortir de ma zone de confort en demandant à un réseau local, alors que nous ne sommes dans ce département que depuis 3,5ans. Des familles nous ont concocté des plats et/ou des gâteaux.

Je t’invite également à découvrir le réseau SuperMamans France, et SuperMamans Suisse. Le principe est le suivant : mettre en réseau des Mamans cadeaux et des Mamans à bichonner. Les premières offrent un repas aux secondes.

Baby-blues

La période post-partum s’appelle également « les relevailles », période pendant laquelle on se relève de couches ou de l’accouchement, jusqu’à entre 40 et 56 jours.

Pendant cette période, 50 à 80% des femmes éprouvent ce qu’on appelle le baby-blues.
Il faut savoir qu’elle touche aussi les hommes, mais dans une moindre mesure.
C’est un état passager (jusqu’à une dizaine de jours à partir du 3e jour postnatal) de solitude, mélancolie, angoisse, insécurité, irritabilité…

En voici les causes principales :

– Changement hormonal et taux élevé de cuivre dans le sang

– Accouchement difficile voire traumatique ou séparation mère-bébé à la naissance

– Monoparentalité – Séparation

– Environnement insécure (événement à la maternité, famille qui débarque, cocon non préservé)

– Fatigue

– Pression ou désintérêt de l’entourage et poids de cette nouvelle responsabilité

– Désillusion de son bébé idéalisé

Ce baby-blues se transforme en Dépression Post Partum chez 1 femme sur 10, et 1 homme sur 20. La dépression post partum correspond aux mêmes symptômes que le baby-blues mais elle dure dans le temps.

Ce sont les mêmes mécanismes en jeu dans le burn-out parental.

Il est vraiment important de réaliser lorsque l’on glisse petit à petit dans cet état dépressif pour demander de l’aide, car sinon, il peut conduire à la tentative de suicide et au suicide.

Je t’invite à consulter l’article « 12 peurs sur la grossesse, l’accouchement et l’arrivée de bébé » et notamment les paragraphes sur « ne pas avoir l’enfant qu’on attend » et « être une mauvaise mère » qui influent sur la dépression.
Et tu peux également utiliser cet élixir de fleurs de Bach !
Enfin, ce n’est pas parce que tu te sentirais concernée par les cas ci-dessus que tu vas forcément te sentir déprimée.

Et toi, qu’as-tu vécu dans ta période de post-partum immédiat ? Quelle aide as-tu sollicité ?

Sources :
Ecole Cybele
Articles de la revue Parents sur les lochies et les tranchées
Liens dans l’article

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4 commentaires

  • Une maman deux maisons

    Merci pour cet article complet. Je me rends que j’ai eu relativement peu de désagréments après mon accouchement, ou peut être que le corps et le cerveau sont tellement bien faits qu’au bout de quelques temps / années, on oublie 🙂

    • Bastienne

      Franchement, je pense aussi qu’on oublie avec le temps, qu’il y a une forme de minimisation. Mais après, tous ces symptômes ne sont pas un passage obligé non plus, donc peut-être en effet que tu as moins souffert que d’autres et c’est tant mieux pour toi !

  • Claire

    Je me rappelle que pour mon premier j’ai été très impressionnée par ses pleurs quasi incésent et ses nuits blanches! Je n’étais pas préparée à ça. Je crois que c’est ce qui a été le plus dur. Pour le deuxième, et malgré une césarienne, je n’ai pas pris le temps de sortir « doucement » du lit. Mon fils devait passer des examens et on voulait l’emmener dans un autre hôpital, sans moi si je n’étais pas capable de me lever. Autant dire que je ne me suis jamais levée aussi vite après une opération! 🙂 Je ne l’ai pas mal vécu et je ne me souviens pas avoir eu de post-partum difficile. Par contre, mon mari a eu du mal à se relever de la naissance de notre deuxième. ça ressemblait beaucoup à une dépression post-partum même si cela n’a jamais été diagnostiqué!

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